Cote d'Ivoire: Présidentielle ivoirienne - Avis de gnaga1

Arrestations d'opposants à l'approche de la présidentielle en RCI
analyse

A quelque deux mois de la présidentielle ivoirienne, prévue pour le 31 octobre prochain, de gros nuages noirs s'amoncellent au-dessus de la lagune Ebrié, et c'est avec appréhension que les Ivoiriens et la communauté internationale entrevoient ce scrutin déjà qualifié de « rendez-vous de tous les dangers ».

En effet, alors que tout semblait indiquer que le pays d'Houphouët Boigny allait vivre sa première expérience d'alternance pacifique au sommet de l'Etat avec l'annonce du président Alassane Ouattara de se retirer des affaires après deux mandats, pour laisser la main à la jeune génération, voilà que le sort s'en est mêlé... à moins qu'il n'ait servi de prétexte pour assouvir d'inavouables intentions. Tout a basculé lorsqu'Amadou Gon Coulibaly, qui avait reçu l'onction du RHDP pour être son candidat, a été brutalement terrassé par un malaise. C'était le 8 juillet dernier. Une perte qui a rebattu les cartes, à moins qu'elle ne les ait remises « à l'endroit », car au bout du compte le président sortant a décidé de donner une suite favorable aux supplications de ses ouailles, convaincues qu'elles sont que seule sa candidature peut préserver l'unité et la stabilité du pays.

Mais comme il fallait s'y attendre, depuis cette volte-face présidentielle, l'opposition politique et certaines organisations de la société civile sont vent debout contre un éventuel troisième mandat qui violerait la Constitution, dont l'article 55 limite le nombre de mandats à deux.

Alors que l'annonce du 6 août est restée en travers de la gorge de l'opposition politique, celle-ci, qui suspectait depuis longtemps la Commission électorale indépendante (CEI) de parti pris, est passée à la vitesse supérieure en exigeant la démission pure et simple du président de l'institution, Ibrahime Coulibaly - Kuibier. Dans leur viseur, les listes électorales, sur lesquelles ils auraient détecté « plus de 21500 cas de doublons »... « près de 8000 personnes inscrites qui n'ont ni père ni mère » et un électeur âgé de plus de 170 ans puisqu'il serait né en 1850. A ceux-là s'ajoutent des « mineurs de moins de 10 ans dont l'une serait ménagère de profession ». Lors d'une conférence de presse donnée hier mercredi au siège du PDCI, l'opposition a réclamé, entre autres, la reprise des élections dans les CEI locales, la réinscription de Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé dont les noms avaient été radiés du fichier électoral querellé. Pour cela, elle ne se privera pas de moyens pour se faire entendre puisque dès aujourd'hui jeudi une marche de protestation est prévue contre la nouvelle candidature du président Ouattara et certainement contre la CEI.

Et la grande question qui est sur toutes les lèvres est de savoir quelle attitude les autorités ivoiriennes auront envers ou contre cette manifestation qui ne sera sans doute pas la dernière. ADO adoptera-t-il un profil de bon prince en laissant la rue s'exprimer... ou jouera-t-il la carte de la fermeté contre ceux qui veulent l'empêcher de briguer un troisième mandat ? De la réponse à cette question dépendra l'avenir politique d'un pays qui n'a pas encore fini de solder les comptes de la grave crise postélectorale de 2011 qui avait coûté la vie à plus de 3000 Ivoiriens.

(1) Bagarre En Nouchi

Plus de: L'Observateur Paalga

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