Nigeria: MSF lutte contre le pic de paludisme dans le Nord-Est du pays

communiqué de presse

Face à l'augmentation des cas de paludisme liée à la saison des pluies, les équipes MSF ont lancé la deuxième phase de chimioprévention du paludisme saisonnier (CPS) dans le Borno, dans le Nord-Est du Nigeria. La CPS permet de traiter les enfants de 3 mois à 5 ans, plus vulnérables, avant qu'ils ne développent des complications et nécessitent une hospitalisation.

Dans le Borno, les équipes MSF soignent des patients atteints de paludisme à Maiduguri, Gwoza, Pulka et Ngala. À Rann, elles gèrent des « points de lutte contre le paludisme », où les personnes présentant des symptômes peuvent se faire dépister et être prises en charge.

MSF apporte son soutien à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et aux autorités sanitaires locales dans le cadre de la campagne de chimioprévention du paludisme saisonnier.

À Maiduguri, les équipes fournissent un soutien logistique et supervisent l'administration des médicaments distribués par l'OMS dans la zone de Gwange, mais aussi dans une dizaine de camps informels pour les personnes déplacées à l'intérieur du pays. Plus de 40 000 déplacés vivent dans ces camps qui ne sont pas directement gérés par le gouvernement et reçoivent peu d'aide.

« Nous sommes prêts à faire face à la flambée attendue de cas de paludisme, a déclaré la Dr. Blessing Ejawemokie, cheffe de l'équipe médicale MSF à Maiduguri. Nous pouvons faire des transfusions sanguines, un paludisme grave traité tardivement pouvant entraîner une anémie critique. Il y a des volontaires pour donner leur sang et la famille des patients également. »

2 millions d'enfants ciblés

En 2019, plus de 85 000 enfants de moins de cinq ans ont été traités par MSF avec la CPS dans le Borno. Cette année, la campagne cible deux millions d'enfants, mais les opérations sont compliquées par la menace de la Covid-19. Des mesures de protection ont été mises en œuvre, dont la distanciation physique, la mise en place de points de lavage des mains et l'administration des médicaments par les proches des patients.

À Maiduguri, MSF fournit également des soins de santé secondaires aux enfants atteints de paludisme avec complications et les soigne dans son hôpital pédiatrique de Gwange. Depuis juin, plus de 1 000 enfants ont été pris en charge dans cet hôpital.

« La capacité de l'hôpital va être augmentée de 80 à 165 lits pour gérer l'afflux de patients, continue la Dr. Ejawemokie. 60 % de nos patients viennent de Gwange tandis que les 40 % restants vivent à Maiduguri et dans les camps de déplacés. »

Zarah Lawal est mère de cinq enfants dont une fille de 2 ans, Fatima Ali, qui est soignée pour un paludisme à l'hôpital de Gwange. « Quand j'ai amené ma fille à l'hôpital, elle n'était pas consciente, raconte-elle. Elle avait du mal à respirer. À son arrivée, elle a été placée sous oxygène et a commencé le traitement. Son état s'est maintenant stabilisé. »

Dépister et traiter

Les équipes de sensibilisation de MSF ont commencé à visiter les communautés et les camps de déplacés internes pour effectuer des tests de dépistage du paludisme et traiter sur place les personnes malades ; les cas graves sont orientés vers l'hôpital MSF.

De janvier à juin, c'est-à-dire avant le pic de paludisme, MSF a pris en charge plus de 2 170 patients dans ses hôpitaux du Borno. Grâce aux équipes mobiles, 438 consultations ont été organisées au sein de la communauté hôte de Maiduguri et dans les camps.

Les équipes gèrent également des programmes de lutte contre le paludisme dans l'État de Zamfara dans le Nord-Ouest du pays, où 1 824 enfants ont été hospitalisés à Anka depuis le début de l'année et près de 4 700 personnes ont été dépistées et traités au niveau communautaire. Plus au Sud, dans l'État de Benue, ce sont plus de 3 200 patients qui ont été traités.

Selon l'OMS, le Nigeria comptait 25% de l'ensemble des cas de paludisme dans le monde en 2018, et près de 24% des décès.

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