Sénégal: Contorsions

13 Août 2020

Dans son opus «Africa Rek», Youssou Ndour célèbre la rumba congolaise dans «Ban La audio» avec le très remuant Fally Ipupa.

Le roi du mbalakh reconverti à la religion de la musique urbaine y invite à «Chanter, danser... », dans un groove très entrainant. Chanter. Danser. Il faut croire que c'est ce qui se fait le mieux chez nous. C'est fou cette multiplication des adeptes de la voltige dans notre pays.

On les rencontre à tous les coins de rue, habillés de couleurs flashys et hyper moulants, légers comme des plumes d'oiseaux et si prompts à grelotter si fortement au moindre son qu'on les croirait aux prises avec ces «rab» combattus par des prêtresses du ndeup.

Les précurseurs comme Alla Seck et leurs héritiers comme «Wapyrat» de Dieuppeul savaient danser avec classe et retenue.

Leurs épigones des temps modernes rivalisent d'audace dans un maelstrom de figures géométriques où la salacité la dispute à l'obscénité.

Yuri Buenaventura, chanteur colombien de salsa, a donné une belle définition de cet art si respecté par ailleurs : «Danser, c'est comme parler en silence.

C'est dire plein de choses sans dire un mot». Tout le contraire des contorsions de nos danseurs si bruyants mais si peu audibles.

Plus de: Le Soleil

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