Maroc: Le cafés de Vienne - Des lieux de mémoire hautement appréciés des habitants

Vienne — Les multiples cafés que recèle la capitale autrichienne, Vienne, représentent un pan de l'histoire de la ville et des lieux de mémoire toujours hautement appréciés des habitants.

Parler de l'histoire de Vienne appelle nécessairement à évoquer l'histoire de ses cafés, qui sont un passage obligé quotidien des habitants de la ville, que ce soit pour siroter leur café préféré ou pour s'y rencontrer, lire et écouter de la musique, ou assister à des séminaires, des discussions politiques et intellectuelles ou encore à des événements culturels.

Les cafés viennois conservent toujours leur élégance et leur caractère ancien, la plupart d'entre eux ont été associés à des événements historiques importants et aux personnalités artistiques et politiques les plus célèbres qui les ont fréquentés à certaines périodes de l'histoire.

Selon certains récits historiques, les premiers cafés de la capitale autrichienne ont été fondés après le deuxième siège turc de la ville en 1683, après que certains soldats polonais se soient inspirés de certaines des coutumes turques dans la préparation du café.

Depuis cette époque, les cafés viennois ont été associés aux événements politiques les plus importants de la région, une évolution qui a atteint son apogée après le Congrès de Vienne entre 1814 et 1815, lorsqu'il sont devenus le lieu par excellence des cérémonies et des rencontres dans des salons luxueux, peu avant la fondation de l'empire austro-hongrois.

Cette période de prospérité est intervenue après une période de détérioration des cafés de la ville, suite à la victoire de Napoléon à la Bataille de Rivoli contre l'Autriche en 1797, marquée notamment par la décision des propriétaires des cafés d'étendre leurs activités pour inclure la restauration rapide afin d'augmenter leurs revenus.

Pendant cette période, les cafés de la ville ont connu une certaine « ouverture » en termes de fréquentation, en incluant les femmes de la classe bourgeoise, qui ont commencé à se rendre seules dans les cafés sans avoir besoin d'escorte, car c'était l'une des règles les plus importantes à l'époque.

Les propriétaires des cafés à proximité du palais présidentiel "Hofburg" à Vienne se remémorent toujours avec nostalgie des visites de l'empereur, de hauts fonctionnaires, de grands penseurs, artistes et politiciens, dont le plus célèbre est le café "Demel", qui était le favori de l'empereur autrichien, sa femme et ses invités, ou encore le café central "Café Central", qui était célèbre pour son café littéraire et a été une source d'inspiration pour les principaux écrivains, artistes et politiciens autrichiens de l'époque.

Aujourd'hui, la cour centrale du café conserve le design des salles du palais impérial, avec leurs hautes colonnes et leur mobilier traditionnel.

Parmi les célèbres cafés viennois, on trouve également le « Landmann Café », qui était le favori du célèbre psychiatre autrichien, Sigmund Freud, et était connu pour avoir abrité des rencontres entre agents et espions pendant la période de la guerre froide.

Le compositeur allemand Beethoven était l'un des visiteurs les plus assidus et célèbres de ces cafés, notamment à cause de sa grande dépendance au café, tenant même, selon la légende, à distiller 60 grains de café dans chaque tasse au lieu de 30 grains utilisés habituellement.

Outre leur caractère ancien et leur charge historique, les cafés viennois ont à cœur de préserver les rituels et traditions de dégustation du café ou du thé, en veillant à respecter les horaires, ainsi que les tenues du personnel et les ustensiles utilisés.

Dans le but de maintenir cet élan culturel et le faire connaître, l'Autrichien Ferdinand Rainer a ouvert un musée du café en 1899 au design artistique mettant en lumière les étapes du développement de la culture du café, qui est rapidement devenu une destination pour les artistes, étudiants et hommes d'affaires les plus célèbres de la ville, avant d'être géré par les familles les plus célèbres dans l'industrie du café pendant les deux guerres mondiales.

Le directeur de ce musée, Karl Schilling, a souligné dans une déclaration à la MAP, qu'il s'agissait d'une incarnation fidèle de l'histoire du café et des cafés à Vienne, ainsi que d'un aperçu de la culture du café dans la ville, que l'UNESCO a inclue dans la liste du patrimoine culturel immatériel.

Le musée du café est et reste un lieu de rencontres et un havre pour ceux qui fuient l'agitation de la ville et un espace rempli d'histoire qui conserve les anciens rituels de service du café, a noté M. Shilling.

Il a souligné qu'à partir de 2011, le musée est devenu un centre qui fournit des données rares sur le café et sa préparation, de la récolte à l'utilisation puis à la fermentation, ainsi que dans le développement de machines et d'équipements pour sa fabrication au fil du temps.

Les cafés de Vienne préservent ainsi leur éclat d'antan, tout en se réinventant afin d'accompagner les habitudes des Viennois et de représenter une large partie de l'histoire intemporelle de la ville.

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