Sénégal: Un calme inhabituel à la plage Malibu de Guédiawaye

13 Août 2020

En période de canicule, les plages sont les lieux de fréquentation privilégiés pour les jeunes qui profitent de la brise maritime pour passer du bon temps. La plage Malibu, à Guédiawaye, dans la banlieue de Dakar, qui grouillait de monde les après-midis, est vide de ses inconditionnels. Une telle situation est la conséquence des mesures prises par le gouvernement pour éviter la propagation de la Covid-19.

La plage Malibu, sise à Guédiawaye, dans la banlieue de Dakar, ne grouille plus de monde. Le site est désert. Pourtant, il y a quelques jours, il était bondé. On aperçoit des éléments de la gendarmerie en train d'échanger à voix basse. Ceux-ci veillent au respect des mesures d'interdiction de fréquentation des plages.

De l'autre côté de cette vaste étendue de sable, un véhicule de la police est stationné. Cette forte présence des forces de défense et de sécurité décourage les amoureux de la plage. Par contre, sous le pont routier aménagé sur la Voie de dégagement nord (Vdn) prolongée, des individus sont assis de manière sporadique. Tantôt, ils sont deux ou un. C'est le cas de cette personne qui observe la mer, méditant dans ces lieux où seul le bruit des véhicules qui passent sur la route séparant la plage et le pont perturbe le calme olympien de cette partie de la ville de Guédiawaye.

Soudain, un homme surgit. Ce dernier porte sur le dos un sac rempli d'objets divers. Il s'arrête sous le pont, puis le dépose par terre et se dirige ensuite vers la mer. Le gendarme qui était non loin lui fait signe de rebrousser chemin. Le bonhomme obtempère. « C'est la troisième fois que je tente de me laver dans la mer, mais, à chaque fois, un gendarme m'empêche de le faire », s'emporte Mame Balla Faye, vendeur d'accessoires de téléphones portables et de radios.

Les plages grouillantes sont ses lieux de fréquentation. Aujourd'hui, le visage qu'offre la plage Malibu ne l'enchante guère. Car, le marchand ambulant a perdu l'espoir d'écouler ses produits dans un lieu aussi dépeuplé. « Cela n'a pas l'air de marcher aujourd'hui. Je vais juste me reposer et réfléchir ensuite sur la destination à prendre », ajoute-t-il.

Déjà nostalgique des grands rassemblements qu'il a l'habitude de voir et de vivre dans cette plage, il se souvient : « D'habitude, une ambiance folle se déroulait le long de cette plage avec les notes de musique que distillaient les radios et autres appareils musicaux dans une atmosphère de détente ».

Brise maritime

« Toutefois, j'ai le devoir de continuer à dire merci à Dieu. Il réparera tous les préjudices dont ses créatures justes sont victimes », prie Mame Balla. Aussitôt arrive un couple qui s'arrête juste sous le pont. Après avoir vainement cherché où s'asseoir, la femme se rabat sur des morceaux de carton.

Plus loin, on tombe sur un homme habillé en tenue traditionnelle de couleur marron est assis sur une table abandonnée. Il savoure tout doucement la brise maritime. Les oreilles bouchées par un casque branché sur son téléphone portable, Aliou Kane nous livre avec un brin de satisfaction ce qu'il pense des nouvelles mesures ayant aidé la plage à retrouver sa quiétude.

« Je prie que ces mesures perdurent. Car, jamais je ne me suis senti aussi à l'aise devant la mer », confie-t-il, regrettant que « souvent, le tohu-bohu provoqué par les jeunes rendait cet endroit difficilement fréquentable pour les adultes ».

Un sentiment contraire à celui qu'éprouvent deux jeunes filles que nous avons trouvées juste au rond-point. Elles sont venues pour se délecter des ambiances de rassemblement et d'animation ordinaires. « Nous avons l'habitude de venir sur cette plage, mais, ce que nous avons vu aujourd'hui nous surprend. Nous n'avons qu'à rebrousser chemin », réagit Dieynaba Sow, sous le regard désemparé de sa sœur Yama Sow. Les voilà, après notre bref entretien, en train de s'éloigner de la plage, certainement avec le sentiment d'un espoir brisé.

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