Sénégal: L'aide de l'Etat ne parvient pas à tous

Dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, Dakar a promis la distribution de kits alimentaires. En Casamance, des familles attendent toujours.

Les kits alimentaires distribués par le gouvernement sénégalais en vue de soutenir les familles démunies pour faire face aux conséquences du coronavirus n'ont pas fait que des heureux.

Des contestations ont surgi, particulièrement en Casamance, au sud du pays, au lendemain de la distribution de ces kits.

Les oubliés dans la lutte

Beaucoup de familles déclarent avoir été oubliées par les commissions de distribution de ces kits et parlent de détournement.

Mariétou Sané, mère de famille d'un quartier populaire de Ziguinchor, ne cache pas son amertume:

"Ce sont les ouvriers qui doivent bénéficier de cette aide mais après le recensement, la distribution est venue et on n'a rien vu. J'ai interpellé les gens concernés, ils m'ont dit que ce n'est pas venu pour tout le monde, seuls les gens qui bénéficient de bourses familiales doivent recevoir cette aide. Une personne qui a déjà la bourse familiale a droit à quelque chose mais celle qui n'en a pas et qui vit dans une famille démunie, comment pourra-t-elle vivre ?"

La complainte est la même chez Youssouf Mané qui confie que sa famille fait partie des oubliés bien qu'ayant été enregistrée lors du passage des commissions de recensement:

"On n'a pas reçu le riz et je ne sais pas pourquoi on ne l'a pas reçu. L'autre jour, il y a un gars qui est passé ici en train de faire son recensement. Dans notre quartier, il y a une femme qui est la déléguée de quartier. Je suis passé la voir, j'ai parlé avec elle, elle m'a dit qu'elle n'en savait rien, qu'il faut passer voir le chef de quartier. Je suis parti là-bas avec ma mère, on a essayé de lui demander et il nous a dit attendez, au moment venu vous recevrez votre riz. Mais, depuis lors, on n'a rien reçu. Je suis en train de me demander pourquoi nous n'avons pas reçu de riz".

Distribution de kits dans la légalité

Les chefs de quartier qui ont dirigé les commissions de distribution affirment que tout s'est déroulé dans la légalité. Selon Ibrahima Diakité, chef d'un quartier populaire de Ziguinchor, ceux qui les accusent de détournement le font à tort:

"Nous sommes les bras de la mairie et du gouvernement dans les quartiers, donc maintenant on ne fait que suivre les instructions. Celui qui ne figure pas sur la liste du registre national unique et n'est pas dans l'extension, ne peut pas en bénéficier, il faut que cela soit clair. On a précisé ça aux gens. Les gens qui se plaignent le font à tort".

Signalons que pour apaiser les esprits des familles plaignantes, certains chefs de quartier ont laissé entendre qu'il y aura une seconde phase de distribution de kits. Mais en réalité, cela ne serait pas envisagé par le gouvernement.

Plus de: DW

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