Togo: La STT pistonne le Gouvernement contre les Adjakly et réclame une lumière sur ce scandale pétrolier

Elle était face à la presse ce Jeudi à Lomé. Elle, c'est la Centrale syndicale STT (Synergie des Travailleurs du Togo. Organisation dont les manifestations ont souvent paralysé les activités surtout au niveau de l'Administration togolaise, le secteur de la Santé et l'Education au Togo durant par le passé, cette organisation face à plusieurs constats des difficultés au quotidien de la vie des Togolais est décidée à interpelle le gouvernement togolais à agir pour que lumière soit faite sur cette affaire de supposée détournement de près de 500 milliards de F cfa par une seule famille Togolaise, les Adjakly, affaire portée au grand jour par nos confrères de L'Alternative.

Si cette centrale syndicale dit apporter son soutien à ce journal qui a été assigné en justice par Fabrice Adjakly, cité dans cette affaire et dont le procès après un report pourrait s'ouvrir le 19 Août 2020, elle dit exiger « du Gouvernement, une réponse prompte et claire face à ce scandale ». Voici la déclaration faite par la STT au cours de cette conférence de presse qui a eu lieu à Lomé...

La Synergie des Travailleurs du Togo, la S.T.T., fidèle à sa mission de défense des intérêts de ses membres, a toujours orienté ses actions vers la promotion de la justice sociale qui passe nécessairement par la lutte contre les inégalités de revenus, la pauvreté et surtout la corruption qui a pris des proportions inquiétantes dans notre pays.

Dans le classement 2019 de l'Indice de perception de la corruption par l'ONG TRANSPARENCE INTERNATIONAL, le Togo occupe le rang de 130ème /180 pays avec une moyenne de 29% et accuse un recul deux points par rapport au classement 2017 et 2016.

A titre de comparaison, le Bénin et le Ghana, deux pays voisins et limitrophes du Togo, sont classés ex aequo à 80ème/180 et distancent le Togo de 50 points !

Cette culture de la corruption et de l'impunité, qui autorise une minorité à s'accaparer de toute la richesse produite par les forces de travail, retentit avec acuité sur la pauvreté de nos populations et des masses laborieuses.

C'est dans cette perspective, et en vertu de notre qualité de porte-voix de travailleurs togolais et fidèle à notre rôle de lanceur d'alerte que nous avons initié cette conférence de presse pour dénoncer ce grand scandale baptisé Pétrolegate révélé par le journal Alternative.

Notre souci aujourd'hui est d'amener les institutions compétentes de notre pays à se saisir du dossier afin que ce qui a été détourné soit restitué au budget de l'Etat.

NOS ACTIONS

Par correspondance N° 065/CN/STT/19 en date du 22 mai 2019, nous attirions déjà, dans un mémorandum sur la vie chère au Togo, l'attention de son Excellence M. le Premier Ministre sur l'opacité qui entoure les règles de fluctuation du cours des produits pétroliers et la vérité des prix à la pompe.

Par ailleurs, nous avons saisi directement son Excellence Monsieur le Président de la République, par lettre N°030/ CN/STT/20 en date du 30 juin 2020.

Dans cette correspondance, il nous semblait indispensable d'attirer l'attention du Chef de l'Etat sur le fait qu'une poignée de togolais s'étaient accaparés d'une colossale somme et continuent d'en jouir impunément pendant que la grande majorité, affectée dans ses activités économiques par la crise sanitaire, joue sa survie au quotidien.

Nous avons aussi par correspondance N°037/CN/STT /20 en date du 20 juillet 2020, saisi le Président de la HAPLUCIA afin que cette institution qui a pour mission de prévenir les actes de corruption et au besoin les réprimer se saisisse de ce dossier.

NOS ATTENTES

Nous avons noté il y a trois semaines, que le Ministre du commerce a mis sur pied une commission d'audit des opérations de la CSFPPP.

Le niveau de traitement du problème et les pouvoirs de ladite commission trahissent une approche légère et superficielle pour un scandale d'une telle ampleur et cela nous fait craindre un manque de réelle volonté politique d'aller au fond de la question en la noyant tout simplement.

L'Etat aurait tout le mérite moral et tout à gagner en cherchant sans artifices à récupérer ces 500 milliards détournés qui pourraient bien résoudre des problèmes en souffrance liés au monde des travailleurs tels que :

Le payement et la résorption des arriérés de payement des indemnités de départ à la retraite

L'amélioration des plateaux techniques des CHU et l'intéressement du personnel de santé,

Le recrutement de nouveaux enseignants pour compléter les effectifs devenus très insuffisants en raison du dédoublement des classes liés au Covid19, etc...

Nous exigeons du Gouvernement, une réponse prompte et claire face à ce scandale qui n'est en fait que le bout de l'iceberg que constituent l'étendue et la profondeur de la culture de la corruption dans notre pays.

Du côté de la HAPLUCIA, nous avons noté avec satisfaction que cette institution, en réponse à notre lettre de saisine, assure avoir engagé des investigations en vue d'établir la vérité sur ces révélations.

En deuxième point de cette conférence de presse, nous vous annonçons l'entrée dans le secteur privée par la STT avec en ce jour une dizaine de syndicats ralliés.

Ce fait nous a amené à visiter certaines sociétés et ce que nous y avons détecté en matière de violation du droit du travail et syndicaux est ahurissant malgré quelques points encourageants.

Constats ;

Non-respect total de la Convention Collective Interprofessionnelle du Togo et du Code du Travail ;

Pas de contrat

Pas de règlement intérieur

Pas de protection sociale

Des sanctions pécuniaires

Pas de congé payé

Licenciement abusif sans payement des droits

Violation des droits syndicaux et récalcitrance au changement.

Nous nous arrêtons ici tous en espérant que vos questions nous permettrons d'approfondir tous ces points.

MERCI A TOUS.

N.B : Photo Linterview.info

Plus de: Télégramme228

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.