Sénégal: Abus de confiance portant sur un terrain - Un ex-ministre mauritanien solde ses comptes avec une dame

13 Août 2020

L'ex-ministre mauritanien A. H. Bâ a comparu, hier, à la barre de la Cour d'appel de Dakar. C'était pour solder ses comptes avec la dame D. Fall qu'il accuse d'abus de confiance portant sur un terrain.

Entre l'ex-député et ministre mauritanien A. H. Bâ et la dame D. Fall régnait une confiance aveugle. Mais, depuis 2016, une affaire de terrain a détruit leur relation.

Car A. H. Bâ, qui fut l'époux de feue Fatoumata Matar Ndiaye (ancienne membre du Conseil économique, social et environnemental assassinée en 2016), accuse la dame de s'être appropriée indûment l'un de ses terrains sis à Bambilor.

Pour recouvrer son bien, il avait saisi la justice. Jugée par le tribunal correctionnel de Dakar, D. Fall avait été condamnée, le 28 mars 2017, à six mois assortis du sursis et au paiement de 50 millions de FCfa à A. H. Bâ. Cependant, aucune des parties n'était satisfaite du jugement.

Tandis que la partie civile a trouvé dérisoire le montant des dommages et intérêts, la prévenue a jugé sa condamnation injuste puisqu'elle se dit innocente. Tous les deux ont donc fait appel ainsi que le maître des poursuites.

Le dossier a été enrôlé pour être jugé, hier, par la Cour d'appel de Dakar. Face aux juges, chacun s'est mis à revendiquer la propriété du site. Le Mauritanien a expliqué avoir acheté en 1983 un terrain de 2,30 hectares à Bambilor pour en faire un verger, mais ce n'est qu'en 2016 qu'il a décidé de le viabiliser.

Pour prouver que le terrain lui appartient, il a confié aux juges que la prévenue l'avait même accompagné lors de la signature de la délibération.

Étant donné qu'il faisait la navette entre le Sénégal et la Mauritanie, il avait remis à D. Fall, qui s'occupait de ses réservations hôtelières, tous les documents afférents à la parcelle.

La dame devant s'occuper de la régularisation du terrain. Un an après, lorsque sa mandante lui avait fait savoir qu'elle avait besoin d'une procuration, A. H. Bâ n'avait pas hésité à s'exécuter. Un geste qu'il est en train de regretter.

Car, quelques années après, il est tombé des nues lorsque D. Fall lui dit que le terrain lui appartenait, en lui présentant les mêmes documents qu'il lui avait confiés.

«Elle a dit à son oncle que je lui avais offert le terrain pour ensuite vouloir le reprendre. Elle m'a éjecté et a falsifié mes documents pour se l'approprier.

Je me demande comment peut-on être aussi malhonnête. J'ai deux femmes et des enfants. Trouvez-vous logique que je lui offre un terrain ?», a fulminé le sieur Bâ à la barre.

Aussi, a-t-il présenté un acte de vente daté et signé de 1983 et dont l'un des témoins est l'ancien Khalife de Bambilor. N'empêche, D. Fall a allégué que le terrain est le sien puisqu'elle l'a obtenu dans le cadre d'un projet d'habitation présenté aux autorités.

Pour étayer sa bonne foi, D. Fall a contesté avoir été présente lors de la remise de la délibération et que l'ancien ministre ne lui a confié aucun document.

Mais, Me Ndiogou Ndiaye a qualifié la prévenue d'être de mauvaise foi en lui reprochant de vouloir imiter la population de Ndingler pour amuser la galerie. Il a plaidé l'infirmation du jugement d'instance et réclamé la somme de 500 millions de FCfa pour le préjudice subi par son client.

Me Assane Dioma Ndiaye, avocat de la dame, a, lui aussi, demandé l'infirmation au motif que le premier juge «s'est trompé de bonne foi car il y avait confusion entre la délibération datée de 2016 et l'extrait de délibération signé en 2018». Le parquet général s'est rapporté à la décision de la Cour qui rendra son délibéré le 24 août prochain.

Plus de: Le Soleil

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