Congo-Kinshasa: Muzito-Fayulu - Vers de nouvelles batailles pour 2023 !

Au bord d'un même avion, à la même minute près, Muzito et Fayulu reviennent à Kinshasa, le 22 août prochain. La confirmation en a été donnée hier, par des voix autorisées de Lamuka. Ce jour-là, ce sera, comme il faudra s'y attendre, un samedi ensoleillé.

Car, aux dernières nouvelles, ils prévoient un meeting populaire à l'issue d'une marche spontanée qui partirait dès leur sortie du parvis de l'aéroport international de N'djili jusqu'au siège de l'Ecidé, situé le long de l'avenue de l'enseignement, à proximité du Boulevard Triomphal. Une passation de fanion à la tête de Lamuka est aussi annoncée à l'agenda de ce retour fracassant, après tous les ravages dus à la Covid-19.

Dans le respect des gestes barrières, ils vont s'adresser à la population congolaise, pour livrer le fruit de leurs nouvelles cogitations sur l'avenir du pays. Vont-ils, à cette occasion, ressusciter la catéchèse sur la vérité des urnes ou alors comme toutes les autres forces politiques et sociales restées au pays, ils renforceront le camp de l'apologie du dialogue ? Vont-ils déterrer la hache de guerre pour continuer à ensorceler et jeter l'anathème au dernier des Chefs de l'Etat congolais, au vainqueur de la présidentielle du 30décembre 2018 ? Pas si sûr, en tout cas. Car, après tout, le temps est passé. Les discours aussi ne peuvent qu'évoluer et changer, pour ne pas être anachroniques. Aux vieux singes, dit-on, nul n'a le culot, ni le toupet de leur apprendre à grimacer. Fayulu et Muzito, à moins d'une obstination de mauvais goût, n'y feront point exception.

Consensus recherché

Déjà, depuis février 2020, Fayulu était le premier à crier sur le toit de la maison pour appeler à la paix. Il avait brandi, pour ce faire, une proposition de sortie de crise assortie d'une kyrielle de recommandations. Concrètement, il y évoquait la nécessité de rechercher un consensus et mettait le cap sur l'organisation des élections anticipées.

Il préconisait, en outre, des réformes institutionnelles profondes au niveau de la Centrale électorale, de la Cour Constitutionnelle, de l'armée, de la politique et des services de sécurité. D'ailleurs, il prévoyait la mise sur pied d'un Haut Conseil des Réformes Institutionnelles qui serait confié à Lamuka.

Alors qu'il laissait, dans son schéma-là, de la place à la coalition FCC-CACH pour la continuité de la gestion du pays pendant une courte transition de 18 mois.

Ménopause économique

Pour sa part, Adolphe Muzito, son colistier d'hier, d'aujourd'hui et, même, de demain, versait des larmes sur la ménopause économique imposée à la RD. Congo, depuis plusieurs années. Il invitait, par conséquent, la classe politique à se ressaisir en vue d'éviter d'enfoncer le pays dans un précipice.

A la situation socio-économique délétère due à la pandémie, il craignait que les autorités actuelles n'en profitent pour justifier leur incapacité à faire décoller le pays vers de meilleurs horizons.

A tout prendre, les deux lascars, émettant sur la même longueur d'ondes, sont restés plutôt prudents et ouverts à tout dialogue constructif.

Voilà pourquoi, ils en appelaient à la fin de la trêve, à la fin de la récréation, à la fin des mythes et prophéties, à la fin des faux dialogues, des faux semblants, des fausses solutions et des palliatifs cosmétiques à court terme.

Et, pourtant, à toutes leurs propositions, le FCC n'y a toujours vu que des manœuvres de positionnement, que des larmes de crocodile de la part des perdants, que la bataille pour des postes. Une seule brèche demeure, cependant, la promesse de Félix Antoine Tshisekedi qui, dans son discours du 30 juin 2020, annonçait l'ouverture, très prochainement, de nouvelles consultations en vue d'un large consensus autour des questions politiques majeures.

Covid-19, la bataille du moment...

Lorsque la Covid-19 vint, elle les trouva en dehors du pays. L'un aux USA. Tandis que l'autre à Bruxelles. Les deux principaux leaders de Lamuka ont, certes, mis ce temps à profit pour affiner leurs stratégies, prendre des contacts et même, revoir la copie de leur plan de sortie de crise, après les élections du 30 décembre 2018. Ils vont certainement y intégrer toutes les dimensions nouvelles, y compris tout ce que la pandémie à coronavirus pose comme "épineux problèmes" à la nation. Il n'est pas exclu que des révélations sur leurs ambitions pour les prochaines joutes électorales, telles que fixées à l'horizon 2023, soient également annoncées. Allusion faite, évidemment, aux décisions du présidium attendues de tous les autres leaders de Lamuka.

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