Burkina Faso: Allaitement exclusif - Une Campagne « plus fort avec le lait maternel uniquement »

Selon le ministre de la Santé, le Professeur Léonie Claudine Lougue/Sorgho, au Burkina Faso, 4 nourrissons sur 10 reçoivent des liquides et des aliments en plus du lait maternel au cours de leurs six premiers mois de vie, ce qui contribue à la malnutrition, aux maladies voire aux décès d'enfants.

La campagne "Plus fort avec le lait maternel uniquement", lancée par le gouvernement du Burkina avec le soutien de l'UNICEF et l'initiative de l'ONG Alive & Thrive, a pour objectif de mobiliser les partenaires, les entreprises, les communautés et les familles à s'assurer que les mères reçoivent les informations adéquates et le soutien dont elles ont besoin pour adopter la pratique de l'allaitement exclusif et ainsi donner à leurs enfants le meilleur départ dans la vie.

En effet selon les statistiques, plus de 900.000 d'enfants de moins de 5 ans présentent un retard de croissance et plus de 156.000 souffrent de malnutrition aigüe sévère.

De toutes les interventions de prévention de la malnutrition, l'allaitement exclusif pendant les six premiers mois de vie des nourrissons a le plus grand impact sur la survie de l'enfant.

Généralisée, cette pratique essentielle permettrait d'éviter le décès d'environ 3.400 enfants par an au Burkina soit 9 nourrissons par jour. Or, il est démontré que si l'eau n'était plus donnée aux bébés, le taux l'allaitement exclusif évoluerait de 59% à 74,6%.

«Le lait maternel est le premier vaccin d'un nourrisson et sa meilleure source de nutriments. Encourager et aider les mères à donner exclusivement du lait maternel, sans eau, pendant les six premiers mois de leur vie est un défi qui doit mobiliser à la fois le personnel médical et les décideurs politiques mais également le secteur privé et les communautés et les familles», fait remarquer Dr Anne Vincent, représentante de l'UNICEF au Burkina.

"Pour que les bébés de moins de six mois restent en bonne santé, les données scientifiques recommandent de leur donner exclusivement du lait maternel à la demande (de jour comme de nuit). Le lait maternel contient toute l'eau et les nutriments nécessaires à la bonne croissance d'un enfant.

Les nourrissons qui reçoivent des liquides et des aliments en plus du lait maternel avant l'âge de six mois courent un risque accru de diarrhées, d'infections respiratoires et de sous-nutrition.

Le risque de décès est jusqu'à trois fois plus élevé que parmi ceux qui sont nourris exclusivement au sein", soutien Estelle Bambara, Directrice de la Nutrition au ministère de la Santé.

L'absence d'allaitement exclusif a un coût considérable. En plus des milliers de décès évitables d'enfants, du retard de croissance et de la diminution des capacités cognitives de centaines de milliers d'enfants, l'absence d'allaitement coûte plus de 116 milliards de Francs CFA par an au Burkina.

«Cette campagne interpelle tous les acteurs que nous sommes à mettre l'accent sur le plaidoyer et la communication sous toutes ses formes.

Nous pouvons tous promouvoir l'allaitement exclusif en tant que membre de la cellule familiale et/ou de la communauté, en tant que professionnel de la santé, de la communication, de l'éducation ou de tout autre secteur du développement juste en utilisant l'outil nécessaire le plus puissant : notre voix», indique le Professeur Lougue.

Dans cette période de pandémie de Covid-19, il est recommandé de continuer à respecter les soins essentiels du nouveau-né, y compris la mise au sein précoce, l'allaitement exclusif pendant les six premiers mois de vie et la poursuite de l'allaitement jusqu'à l'âge de 24 mois (tout en introduisant les premiers aliments progressivement dès six mois).

Les mères et leurs entourages sont particulièrement encouragés à respecter les mesures barrières de protection contre le coronavirus dont les règles d'hygiène, comme le lavage régulier des mains à l'eau et au savon et le port du masque.

A terme, la campagne "Plus fort avec le lait maternel uniquement" vise à catalyser le dialogue politique, social, institutionnel, communautaire et familial nécessaire à faire augmenter les taux d'allaitement dans les 13 régions du Burkina.

Elle appelle le gouvernement, les partenaires et le secteur privé ainsi que les autorités décentralisées à agir et à faire de l'allaitement exclusif une priorité de santé publique afin d'améliorer la santé et l'épanouissement des enfants et des communautés du Burkina.

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