Afrique: 60 ans d'indépendance - La rentabilité des infrastructures sportives, un véritable casse-tête au Congo

Depuis l'accession de la République du Congo à l'indépendance, le 15 août 1960, le pays a fait quelques pas en avant dans la politique de construction des infrastructures sportives. Mais plus d'un demi-siècle après, le problème de la mise en valeur de ces stades, gymnases et du Palais de sport se pose avec acuité.

Avant 2015, le Congo n'avait pas de salles de sport couvertes et cela constituait un frein pour la pratique de certaines disciplines qui se jouent en salle comme le handball ou le tennis de table. Le stade Alphonse Massamba-Debat de Brazzaville qui a abrité en 1965 les premiers jeux africains était le plus utilisé. Les autres installations, qui ont vu le jour à la faveur de l'organisation par le Congo des onzièmes Jeux africains, abritent les compétitions et autres activités sportives en dents de scie.

Le mode d'utilisation de ces structures pose l'épineux problème de leur rentabilité, ce qui risque de précipiter leur délabrement. Le stade de l'Unité de Kintélé par exemple, ne reçoit plus les matchs officiels depuis la rencontre Congo-Guinée Bissau, en 2016. Le match amical qui a opposé le Congo au Cameroun, le 21 février dernier, a révélé au grand jour les problèmes d'entretien.

Le Palais des sports de dix mille places, fermé après les Jeux africains n'a ouvert ses portes que pour accueillir l'ouverture de la Coupe d'Afrique des nations de handball en 2018. Le complexe nautique de deux mille places est resté aussi fermé depuis la fin des Jeux africains (du 4 au 19 septembre 2015).

La question de la viabilité des gymnases érigés à Brazzaville reste d'actualité. Nicole-Oba, Henri-Elendé ou Maxime-Mantsima sont les plus utilisés par rapport à Etienne-Manga. Ceux-ci n'apportent pas gros financièrement, « ils ne sont pas du tout rentables », confiaient des gestionnaires de ces structures. D'après certaines sources, le gymnase d'Oyo est peu exploité.

Les différents stades construits dans le cadre de la politique des municipalisations des départements ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Seuls les stades municipal de Pointe-Noire, Paul-Sayal-Moukila de Dolisie et Marien-Ngouabi d'Owando accueillent régulièrement des rencontres du championnat national de football. Or, ces installations avaient été construites pour promouvoir la pratique du sport dans les départements. Malheureusement, les stades des départements comme la Bouenza, la Lekoumou, les Plateaux, la Cuvette ou la Sangha, n'ont toujours pas réussi à élever le niveau des équipes locales.

Ce tableau peu attrayant n'est pas vu d'un bon œil par la Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération internationale de football et association (Fifa). La Fifa avait, en effet, promis de travailler de concert avec le Congo pour faire vivre les installations sportives construites dans le pays. « On va faire vivre toutes les infrastructures qui ont été construites dans tous les coins du pays », avait déclaré le président de la Fifa Gianni Infantino, lors de son séjour à Brazzaville.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

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