Cote d'Ivoire: Calme précaire à Abidjan avant de nouvelles manifestations

De nouvelles manifestations sont prévues ce vendredi. Les deux derniers jours, quatre personnes sont mortes dans des violences liées à la candidature controversée à un troisième mandat du président Alassane Ouattara.

Des organisations de la société civile et l'opposition ont appelé à de nouvelles manifestations ce vendredi dans le pays. Ce matin, le calme est revenu même si la situation reste tendue a estimé notre correspondant sur place.

Jeudi, plusieurs manifestations de jeunes opposées à un troisième mandat du président Alassane Ouattara ont dégénéré en affrontements violents avec la police.

Trois des victimes, ont été tuées dans des affrontements entre ses partisans et des jeunes favorables au président Ouattara à Daoukro fief de l'ancien président Henri Konan Bédié, ancien allié de Ouattara mais qui juge sa candidature à un troisième mandat illégale.

La situation se tend de plus en plus à l'approche du scrutin du 31 octobre, dix ans après la crise née de la présidentielle de 2010, qui avait fait 3.000 morts et vu Alassane Ouattara accéder au pouvoir.

Des manifestations interdites

Mercredi, au journal télévisé de 20 heures, le ministère de l'Intérieur et de la décentralisation, à travers un communiqué, avait interdit cette marche de l'opposition, les manifestants ont tenté de sortir très tôt ce matin par petits groupes.

L'un des leaders des jeunes de ce mouvement qui a requis l'anonymat explique leur présence à Anono, dans la commune de Cocody :

"Alassane Ouattara a décidé de violer la Constitution ivoirienne. Il avait promis de ne plus se représenter, nous sommes étonnés, après sa déclaration devant tout le monde entier, qu'il revienne à nouveau sur sa décision et décide de se présenter pour un troisième mandat en Côte d'Ivoire. Nous disons non. Il a servi dix ans, la Côte d'ivoire dit non à un troisième mandat, Anono dit non à un troisième mandat. Voilà pourquoi nous sommes là ce matin."

La colère des manifestants était montée d'un cran jeudi. "Les corps habillés (police) nous lancent des gaz lacrymogènes. On gère un pays avec le peuple. Maintenant si tu n'es pas pour le peuple, il faut partir.", lance un manifestant.

"Tu ne vas pas violer la Constitution pour briguer un troisième mandat. Ce n'est pas normal. Non, on ne veut pas. Ce n'est pas normal.", affirme un autre jeune opposé à la candidature du président Alassane Ouattara.

"Que Ouattara retire sa candidature pour que nous ayons la paix.", exige un autre manifestant.

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