Cote d'Ivoire: Le spectre des violences intercommunautaires

Face à la nouvelle candidature d'Alassane Ouattara, la contestation se transforme par endroits en conflits intercommunautaires.

En Côte d'Ivoire, les manifestations de l'opposition dénonçant la candidature du président Alassane Ouattarapour un troisième mandat se sont muées à certains endroits en des affrontements intercommunautaires qui ont fait plusieurs morts.

Les violences de la ville de Daoukro, dans le Centre-Est du pays, et ville natale de l'ancien président Henri Konan Bédié du PDCI-RDA, ont opposé les partisans de l'opposition à ceux issus du RHDP du président Alassane Ouattara.

Le journaliste et analyste André Silver Konan explique que dans cette typologie de violence, on est passé d'une crise politique à une crise communautaire opposant les proches d'Henri Konan Bédié, donc des autochtones, aux Malinkés du Nord, communauté dont est issu Alassane Ouattara :

"Quand on observe cette configuration de la violence à Daoukro, il faut craindre qu'il y ait un glissement vers des affrontements interethniques. Cela est justement symptomatique de ce qu'est la Côte d'Ivoire, un pays qui peine à sortir des carcans ethniques. Et surtout cela est symptomatique de l'échec de la réconciliation. Depuis 2011, le pouvoir RHDP a échoué à rassembler les Ivoiriens, à réconcilier les Ivoiriens."

"Ces crimes ne resteront pas impunis"

Sidy Tiémoko Touré, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, explique que le pouvoir suit avec la plus grande attention l'évolution de cette situation. Il confirme cependant que le calme est revenu sur l'ensemble du territoire.

Le porte-parole du gouvernement souligne par ailleurs les responsabilités de Henri Konan Bédié et de l'ex-première dame Simone Gbagbo, native de Bonoua dans le Sud-Est, à 80 kilomètres d'Abidjan :

"Les villes de Daoukro et de Bonoua, qui sont comme par hasard des zones dont se réclament ces personnalités de l'opposition, ont été le théâtre de plusieurs dérives dont le bilan malheureusement enregistre des cas de décès, plusieurs blessés et des destructions de biens. Les enquêtes sont en cours pour établir les responsabilités. Et j'insiste, ces crimes ne resteront pas impunis."

Le rôle des leaders politiques

Au regard de ce qui s'est passé ces derniers jours à travers le pays, André Silver Konan ne cache pas ses craintes :

"Je crains que ce genre de conflits communautaires ne se propage à d'autres localités si les dirigeants politiques n'arrivent pas à un minimum de consensus avant la présidentielle d'octobre 2020."

Les activités ont repris tardivement ce vendredi (14.08.20) à Abidjan parce que les populations craignaient de nouvelles violences.

Mais une nouvelle manifestation isolée s'est déroulée dans un quartier de Yopougon. Elle s'est soldée par l'incendie de deux autobus de la Compagnie abidjanaise des transports et la destruction de plusieurs taxis.

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