Cameroun: Les taxis en ont assez des restrictions sanitaires

Face au coronavirus, les autorités limitent le nombre de passagers. Après des semaines de bonne conduite, les chauffeurs ont cessé de respecter la mesure.

Si les chauffeurs de taxis ont tant bien que mal respecté les mesures des restrictions imposées par les autorités depuis le début de la pandémie, un relâchement est en cours.

La police semble même avoir renoncé à verbaliser ceux qui ne respectent pas la limitation du nombre de places par voiture.

Nous nous rendons au rond-point Longkak à Yaoundé, il est 7h30. La station de taxis grouille de monde, les Camerounais partent au travail.

Face à cette affluence, Marcelin Nguetsop, chauffeur de taxi qui d'habitude ne transporte que quatre passagers à la fois, voit là une occasion d'en prendre plus et d'augmenter ses recettes :

"Pour moi, si les clients veulent entrer à dix, je vais les conduire. Moi je cherche l'argent, si le client accepte, alors je n'ai aucun problème."

Tout comme lui, de nombreux autres chauffeurs de taxis et de motos admettent des passagers au-delà des prescriptions de sécurité édictées par le gouvernement.

Face aux nombreux cas d'infraction, les policiers semblent désormais indifférents.

"Le problème de personne"

Awono Essama est chauffeur de moto :

"Quand la pandémie était à ses débuts, on nous mettait mal à l'aise. Quand nous transportions trois ou quatre personnes, les forces de l'ordre nous arrêtaient. Maintenant ils ne nous dérangent plus. On peut porter autant de personnes qu'on veut, ce n'est le problème de personne."

Dans une inconscience volontaire, les passagers ignorent les mesures barrières, justifiant être sous une protection divine.

Benoît Mala est passager, il ne porte pas de masque et prétend que sa foi est plus forte que le coronavirus :

"Tu ne peux pas laisser la loi de dieu obéir à la loi du coronavirus. Nous sommes des êtres de rapprochement. Quand on te dit de rester à un mètre de ton frère, tu vas accepter ça ? Tu dis : au nom de Jésus, je brise ça."

Diffuser de bonnes informations

Pour Prince Théophile Kwendjeu, un homme d'affaires Camerounais impliqué dans la lutte contre la Covid-19, il faut prendre des mesures drastiques :

"Je pense qu'il faut veiller à l'application stricte de ces mesures, mettre également en place une brigade spéciale pour le contrôle. C'est par ignorance que ces personnes se laissent aller, n'ayant pas la bonne information."

Les autorités ont en revanche décidé de durcir les mesures de contrôle concernant le port du masque dans les lieux publics.

Le Cameroun compte officiellement plus de 17.000 malades de la Covid-19 et près de 400 décès.

Plus de: DW

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