Madagascar: Carburant - Des nouveaux prix pour la relance économique?

A cette période où l'État s'attèle au budget de l'année 2021, le prix du carburant est attendu figurer dans les prévisions pour une réelle relance économique post-covid.

Quatorze mois que le prix du carburant est resté le même. Une révision à la hausse ou à la baisse n'est pas encore à prévoir. Les prix actuels découlent d'une « entente négociée » entre l'État et les sociétés pétrolières en juin 2019. Lors des dernières sessions parlementaires, il a été révélé que le prix à la pompe ne connaîtra pas de baisse bien que le prix du baril du Brent ait atteint 15,98 dollars au mois de mars en raison d'une chute sans précédent de la demande mondiale.

Ceci, afin de rembourser les dettes évaluées à 110 milliards d'ariary (juin 2020) que l'État doit encore aux compagnies pétrolières. Des dettes anciennes et des nouvelles dettes découlant de la baisse du prix à la pompe décidée le 20 juin 2019 par rapport aux prix fixés en décembre 2018. Des dettes émanant de cet ajustement à la pompe entre juin 2019 et janvier 2020. Les prix sont ainsi respectivement dictés à 4 100 ariary pour le supercarburant, 2 130 ariary pour le pétrole lampant et 3 400 ariary pour le gasoil jusqu'à aujourd'hui.

Une décision étatique qui n'a pas fait l'unanimité auprès des Q consommateurs, des automobilistes ou encore des réseaux de protection de consommateurs. « C'est nous les consommateurs, donc, qui payons les dettes que l'État n'a pas assurées alors que nous sommes en pleine crise sanitaire où le revenu et le pouvoir d'achat sont au plus bas » se plaignaient des consommateurs à la suite de cette déclaration.

Hausse progressive

Par ajustement à la pompe il faut souligner la différence déduite par décision gouvernementale entre les PRC ou prix de référence calculés (prix de référence Frontières, le transport et le stockage, la distribution, les taxes et redevances) et le prix affiché à la pompe. Le prix affiché actuellement au niveau des stations services connaît un ajustement à la pompe de 128 ariary pour le supercarburant, 615 ariary pour le pétrole lampant et 265 ariary pour le gasoil d'après le site de l'OMH. Le prix réel devrait ainsi s'afficher à 4 228 ariary pour le carburant, 2 746 ariary pour le pétrole lampant et 3694 ariary pour le gasoil.

Le remboursement des dettes des pétroliers s'effectue par cette différence par litre entre les prix de référence et les prix affichés à la pompe. Le mon tan t es t ensuite à multiplier par la quantité vendue par les compagnies pétrolières. Est-ce que les prix de référence calculés tiennent compte du prix du pétrole en chute libre en mars et en avril? Aux explications du gouvernement lors des sessions parlementaires en juin toujours, ces arriérés seront apurés vers le mois d'octobre.

Toujours est-il que le prix du pétrole connaît petit à petit une ascension. De 15, 98 dollars en mars, 20 dollars en avril 42, 3 dollars au mois de juin, et 44, 81 dollars au début de ce mois d'août. « Cette hausse du prix du baril est constatée depuis plusieurs semaines. Le déconfinement progressif mondial et la hausse progressive de la demande motivent ce prix à la hausse du baril. Il faut attendre l'apuration des passifs et procéder ensuite à de nouveaux calculs » a expliqué Olivier Jean-Baptiste, directeur général de l'Office malgache des hydrocarbures (OMH).

La prévision de remboursement total des dettes au mois d'octobre pourrait ainsi être repoussée vu ce prix du Brent à la hausse et la dégringolade de l'ariary qui était à 4 465 ariary hier pour un euro et 3 788 ariary pour un dollar.

Plus de: L'Express de Madagascar

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.