Gambie: Le Président de l'Union Nationale des Transporteurs critique le système démocratique

20 Août 2020

Le Président de l'Union Nationale des Transporteurs, Omar Ceesay, a vivement critiqué le système démocratique en Gambie suite à une montée de colère due à l'érection de postes de contrôle à Bwaim et Kanilai par les forces sénégalaises. Le Président de l'Union Nationale estime que ces points de contrôle perturbent la fluidité routière du système de transport gambien.

Il a averti que le poste de contrôle de Bwiam est une source de danger qui pourrait infliger des pertes économiques considérables aux opérateurs économiques ainsi qu'au gouvernement si aucune action n'est prise pour y remédier.

« J'émet des doutes sur le système démocratique établi par le gouvernement du Président Barrow car je me demande pourquoi un jugement du tribunal qui a ordonné que des véhicules appartenant à des particuliers gambiens et saisis par les forces sénégalaises à un point de contrôle dans le pays soient rendus à leurs propriétaires n'a pas été respecté, » s'est interrogé Mr Ceesay.

Mr Ceesay exprimait sa frustration aux journalistes lors d'une conférence de presse hier au cours de laquelle il a dénoncé l'attitude des forces sénégalaises concernant les véhicules saisies aux postes de contrôle.

Le Président de l'Union des Transporteurs a reconnu que les véhicules en question avaient été utilisés à des fins de transportation illégale, interdite par le gouvernement gambien. Cependant, a-t-il déclaré, il y a plus de trois ou quatre mois que les forces sénégalaises ont illégalement saisis et mis en fourrière plus de 19 véhicules appartenant à des Gambiens.

« En tant que Gambien, je pense que si une personne commet un crime ou un acte illégal, elle devrait être traduite en justice. Mais nous observons plutôt le contraire dans la mesure où c'est le véhicule appartenant à cette personne qui est mis en fourrière pendant plus de trois mois, et cela, en toute illégalité par des troupes étrangères »

Selon lui, ils ont eu des discussions avec les autorités gambiennes lorsque l'incident s'est produit et l'affaire avait été portée devant le tribunal de Brikama. Il a ajouté que le tribunal a infligé des amendes aux victimes et ordonné que les véhicules soient rendus à leurs propriétaires. Cependant, les forces sénégalaises n'ont pas respecté la décision du tribunal.

« Le tribunal a ordonné depuis le 16 Juillet 2020 que les 19 véhicules confisqués par les forces sénégalaises soient rendus à leurs propriétaires. A ce jour, les forces sénégalaises n'ont toujours pas donné suite au verdict du tribunal. »

Mr Ceesay a ajouté que l'installation de ces points de contrôle par les forces sénégalaises a été la source de beaucoup de mécontentement et de frustration. Il a cependant reconnu que ces postes de contrôle ont été mis en place dans le seul but de mettre fin au trafic illégal de bois.

« Il y a eu plusieurs accidents qui ont occasionné des pertes et des dégâts matériels depuis l'établissement du poste de contrôle de Bwiam. Nous avons tenu informé le gouvernement à plusieurs reprises mais aucune solution n'a été trouvée ou proposée pour la protection des Gambiens, et plus particulièrement les membres de l'Union des Transporteurs »

Il a donc exhorté le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour la restitution de ces véhicules à leurs propriétaires.

Plus de: The Point

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