Madagascar: Gouvernement - Un vrai cerveau à la tête de l'Éducation nationale

Le président de la République nomme l'une de ses proches au ministère de l'Education nationale. Une ministre bardée de diplômes qui, jusqu'ici, officiait en tant que directrice des affaires juridiques à la présidence de la République.

Un CV en béton. C'est peu de le dire à l'écoute du parcours académique et professionnel du docteur Marie Michelle Sahondrarimalala, nouvellement nommée ministre de l'Education nationale. Avec, notamment, un double doctorat, l'un en droit et l'autre en médecine, dans son escarcelle, son bagage intellectuel ne lui sera pas de trop pour relever les défis d'un département à problèmes, mais pourtant, crucial pour la nation.

Après avoir déchanté à deux reprises, Andry Rajoelina, président de la République, a donc nommé l'une de ses proches collaborateurs, à la tête du ministère de l'Éducation nationale. Avant sa nomination au sein du gouvernement, la ministre Sahondrarimalala était, en effet, directrice des affaires juridiques à la présidence de la République. Elle vient occuper le siège laissé vacant par l'ancienne titulaire du poste, Rijasoa Andriamanana. Empêtrée dans une affaire de malversation autour d'un gros lot de marchandises, cette dernière a été limogée, en juin.

A entendre le discours présidentiel en ouverture du conseil des ministres d'hier, la ministre Sahondrarimalala, aura du pain sur la planche. Sa mission est claire, « rehausser le niveau de l'éducation ». Une population ayant des bases scolaires solides est un atout dans une quête d'émergence, mais surtout, de développement durable. Outre les infrastructures scolaires, le chef de l'Etat a également parlé de réduction du taux de déscolarisation et d'augmentation des heures de cours.

Avoir une stratégie bien ficelée est nécessaire. Seule- ment, remettre à flot l'éducation nationale, surtout, l'enseignement public, nécessite aussi de soigner les maux du département ministériel. Le ministère souffre des séquelles d'une politisation à outrance sous plusieurs régimes.

Soigner l'image

En parallèle, il y a aussi, les intérêts particuliers et les différentes tendances syndicales qui y pullulent et bombent le torse à chaque occasion et à chaque décision qui ne leur convient pas.

Pour briller, la ministre Sahondrarimalala devra alors, surnager dans les eaux troubles causées par les différents courants d'intérêts au sein de son département. Il lui faudra, également, gérer les dossiers pendants, résultats de choix politiques discutables, comme celui des enseignants FRAM. Elle devra, également, garder un œil sur les éventuelles malversations au sein de son ministère. L'épisode qui a écarté son prédécesseur indique qu'être « un cerveau », ne suffit pas à éviter les problèmes.

Le docteur Marie Michelle Sahondrarimalala aura à soigner l'image de son ministère par ses performances, mais aussi, celle de la fonction de ministre de l'Éducation nationale. Depuis le début du quinquennat du président Rajoelina, deux scandales ont ébranlé ce département. Deux dossiers qui ont eu raison des deux précédentes ministres. Avant Rijasoa Andriamanana, des controverses sur la distribution de paniers garnis à l'occasion des fêtes de fin d'année ont conduit à l'éviction d'une autre Marie, à savoir Marie Thérèse Volahaingo, du poste de ministre de l'Education nationale, en janvier.

En nommant une proche, qui a de plus, une tête bien faite, au ministère de l'Éducation nationale, Andry Rajoelina semble affirmer une volonté de mettre ce département au diapason de sa vision de développement. Dans son choix, il a fait abstraction des considérations politiques, voir ethniques et même de genre que des syndiqués ont osé requérir. La ministre Sahondrarimalala jouit, d'autant plus, d'une certaine sympathie, ou du moins, de respect au sein de l'opinion publique. Le docteur Sahondrarimalala s'est révélée lors de cette crise sanitaire.

Posée, précise et démontrant une maîtrise de son sujet, la ministre est une des quelques voix ayant l'attention de toutes les sensibilités au sein de l'opinion à chaque prise de parole dans cette guerre contre la Covid-19. Maintenant qu'elle est au sein du gouvernement, elle sera sous le feu des projecteurs. Elle devra rendre des comptes aux citoyens. Ses décisions et actions seront scrutées. Sur les réseaux sociaux, plusieurs attendent d'elle, qu'elle porte haut la bannière de l'Education nationale quitte à engager une réforme.

Plus de: L'Express de Madagascar

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