Congo-Kinshasa: Coopération - Une énième violation d'une des résidences diplomatiques du Nigéria à Kinshasa

La Fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP) dit craindre que l'allure que prend cette affaire de l'occupation illégale de cette résidence située sur l'avenue Lemera, à Gombe, conduise à la rupture des relations entre le Nigeria et la République démocratique du Congo.

La Fondation Bill Clinton pour la paix (FBCP) fustige l'occupation illégale d'une des résidences diplomatiques de la République fédérale du Nigéria dans la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), Kinshasa. A en croire cette ONG de défense des droits de l'Homme, cette énième violation d'une des résidences diplomatiques du Nigeria à Kinshasa, située aux numéros 38/40 de l'avenue Lemera, dans la commune de la Gombe, est l'œuvre des civils et des policiers. « La FBCP informe l'opinion tant nationale qu'internationale qu'une résidence de l'ambassade du Nigeria en RDC est occupée par des civils et des policiers qui interdisent toutes les entrées des diplomates, par une réquisition d'information du Parquet général près la Cour d'appel de la Gombe », indique cette association dans un communiqué du 24 août 2020 dans lequel elle relève la violation flagrante des droits de l'Homme de la part de ceux qui ont occupé cette résidence.

L'ONG, qui cite des sources d'information crédibles, note, par ailleurs, que le 17 août, certains biens de valeur dont les ordinateurs et de l'argent appartenant aux diplomates nigérians ont été emportés par ces occupants. « La FBCP condamne ces actes de barbarie qui violent la Convention de Vienne et demande aux autorités congolaises d'intervenir pour éviter des mesures de représailles diplomatiques entre les deux pays, le Nigeria et la RDC », souligne l'association.

Mais également, la FBCP fait observer, après avoir pris connaissance de la réquisition d'information du Parquet général près la Cour d'appel de la Gombe, que la réinstallation d'une personne dans un conflit immobilier ne peut se faire que par les huissiers de justice, en exécution d'une décision de justice, et non par une réquisition d'information du parquet. « Il y a même les instructions de la hiérarchie des magistrats du ministère public qui interdisent la réinstallation ou le déguerpissement par voie de réquisition d'information », indique cette ONG.

Menace de rupture des relations entre le Nigeria et la RDC

De son côté, l'ambassadeur du Nigeria en RDC aurait requis la mobilisation de tous les ressortissants nigérians résidant en RDC afin de descendre dans la rue pour une action pacifique autour de cette résidence illégalement occupée. La FBCP, qui regrette que la RDC viole régulièrement la Convention de Vienne, notamment dans les occupations illégales et récurrentes des résidences diplomatiques du Nigéria à Kinshasa, dit craindre donc que cette affaire conduise à la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

La FBCP rappelle, en effet, que ce n'est pas la première fois que les résidences de la République du Nigeria en RDC soient occupées illégalement. Dans une de ces actions, les diplomates qui occupaient ces maisons ont même perdu leurs biens. En son temps, l'ONG avait même cité nommément l'ancien ministre provincial en charge de l'Intérieur de la ville-province de Kinshasa, alors bourgmestre de la commune de la Gombe, Dolly Makambo, qui avait personnellement supervisé l'opération d'occupation illégale d'une de ces résidences et le déguerpissement des familles des diplomates nigérians qui les occupaient. Après avoir occupé cette parcelle pendant quelques semaines, ces personnes installées par l'ex-bourgmestre, qui avaient déjà repeint les murs de ladite parcelle, l'ont quittée. Ces menaces d'occupations illégales avaient poussé les représentants du Nigeria à Kinshasa d'émettre un communiqué dans lequel ils ont répertorié toutes ces résidences et ont avisé de leur appartenance au patrimoine de la République du Nigéria en RDC.

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