Ghana: Le Secrétariat de la ZLECA inauguré, les échanges démarrent en janvier 2021

Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'UA (à gauche), Wamkele Mene, secrétaire général de l'AfCFTA (au centre) et Nana Akufo-Addo, président du Ghana (à droite) lors de la mise en service et de la remise officielle du siège du secrétariat de l'AfCFTA à Accra, au Ghana.

Projet phare de l'Agenda 2063 de l'Union africaine, la zone de libre-échange continentale africaine crée un marché de 1,2 milliard de personnes avec un PIB combiné de 3 milliards de dollars.

Le secrétariat de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) a officiellement ouvert à Accra, au Ghana, une étape importante dans la mise en œuvre complète de l'accord de libre-échange.

L'augmentation des échanges commerciaux est le moyen le plus sûr d'approfondir l'intégration régionale en Afrique.

Les échanges commerciaux dans le cadre de la ZLECA, initialement prévus pour le 1er juillet 2021 et retardés en raison de la pandémie de la COVID-19, débuteront désormais en janvier 2021, selon l'Union africaine.

Le président du Ghana, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, a remis les clés des bureaux du secrétariat au président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, lors d'une cérémonie à Accra, le 17 août.

Le président Akufo-Addo a également annoncé à cette occasion la mise à disposition d'un logement qui servira de résidence officielle au Secrétaire général de la ZLECA.

Si l'opérationnalisation du Secrétariat a été reportée en raison de la pandémie COVID-19, cette même pandémie a également amplifié le besoin urgent de rapidité pour accélérer l'intégration économique sur le continent.

Il a déclaré que la prospérité de l'Afrique dépend largement du commerce intra-africain. "L'augmentation des échanges commerciaux est le moyen le plus sûr d'approfondir l'intégration régionale en Afrique."

"Nous sommes maintenant la plus grande zone de libre-échange du monde depuis la création de l'Organisation mondiale du commerce, et nous devons faire en sorte que cela compte", s'est enthousiasmé le président.

Un marché de 1,2 milliard de personnes et un PIB combiné de 3 billions de dollars offrent "une énorme opportunité d'exploiter les abondantes richesses et ressources de notre grand continent au profit de tous nos peuples", a-t-il déclaré.

Malgré les effets dévastateurs de la COVID-19 sur les économies africaines, le Secrétaire général de la ZLECA, Wamkele Mene, a déclaré qu'une opportunité existe pour établir des chaînes d'approvisionnement et de valeur solides pour l'Afrique ainsi que pour diversifier la capacité de production du continent.

"L'Afrique reste prisonnière d'un modèle économique colonial, ce qui exige que nous mettions en œuvre de manière agressive l'accord de libre-échange pour l'Afrique comme l'un des outils permettant d'effectuer une transformation structurelle fondamentale de l'économie africaine", a indiqué M. Mene. "Nous devons agir maintenant pour démanteler ce modèle économique colonial."

Il a ajouté que l'Afrique doit répondre aux défis actuels du système commercial multilatéral en consolidant et en faisant progresser "nos objectifs d'intégration du marché continental, par le biais de la ZLECA".

"La ZLECA signale que l'Afrique est ouverte aux affaires et aux investissements mutuellement bénéfiques, créant ainsi des emplois décents et améliorant les moyens de subsistance", a ajouté M. Mene.

Le président de l'Union africaine, le président sud-africain Cyril Ramaphosa, a affirmé dans une déclaration lue en son nom à Accra que la COVID-19 a "exposé les inégalités profondément ancrées entre les hommes et les femmes et la situation critique des femmes et des filles en ce qui concerne la violence fondée sur le sexe, en particulier la violence domestique".

Le président Ramaphosa a soutenu que l'éducation et l'autonomisation économique des filles et des femmes en Afrique doivent être prioritaires.

À propos de la ZLECA

Le traité de l'Union africaine établissant la Zone continentale africaine de libre-échange a été signé par les chefs d'État de l'Union africaine le 21 mars 2018 à Kigali, au Rwanda.

Il crée un marché unique pour les biens et les services et une union douanière avec la libre circulation des capitaux et des voyageurs d'affaires.

Jette les bases de l'établissement d'une union douanière continentale.

Lire l'accord.

Il a regretté qu'une baisse importante des revenus due à la pandémie ait contraint les pays à des niveaux d'endettement élevés, "qui ont augmenté pour atteindre environ 40 milliards de dollars par an, poussés à la hausse par la dépréciation de nombreuses devises africaines en 2020".

M. Mahamat a félicité le Ghana pour avoir accueilli le Secrétariat, ajoutant que "le Ghana est un centre historique de commerce pour l'or, le cacao, le bois et d'autres biens de valeur, et reste un centre important de commerce sur le continent et au-delà".

L'Afrique doit accroître sa résilience face aux futures pandémies par l'intégration des marchés, l'accélération du développement industriel et le renforcement de la compétitivité, a recommandé le président de la Commission de l'UA.

"Si la mise en place du secrétariat a été reportée en raison de la pandémie de la COVID-19, cette même pandémie a également amplifié le besoin urgent de rapidité pour accélérer l'intégration économique sur le continent", a-t-il déclaré.

L'Afrique reste prisonnière d'un modèle économique colonial, ce qui exige que nous mettions en œuvre de manière agressive l'accord de libre-échange africain, qui est l'un des outils permettant de réaliser une transformation structurelle fondamentale de l'économie africaine. Nous devons agir maintenant pour démanteler ce modèle économique colonial.

Le ministre du commerce et de l'industrie du Ghana, Alan Kyerematen, a énuméré les avantages d'une zone de libre-échange en Afrique, notamment l'augmentation du commerce intra-africain jusqu'à 52 % d'ici 2022, la consolidation des marchés actuellement fragmentés, les économies d'échelle, la valeur ajoutée aux ressources naturelles de l'Afrique et la diversification économique.

M. Kyerematen a rappelé que la création d'une zone de libre-échange pour l'Afrique est "la première grande pierre de la Communauté économique africaine, après quoi nous espérons passer à une union douanière avant d'atteindre notre objectif ultime".

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