Rwanda: Génocide rwandais - Kigali émet un mandat d'arrêt international contre Aloys Ntiwiragabo

(Photo d'archives) - Victimes du génocide rwandais de 1994 au Mémorial du génocide à Nyamata, à l'intérieur de l'église catholique où des milliers de personnes ont été massacrées.

Le Rwanda a émis mardi 25 août un mandat d'arrêt international à l'encontre d'Aloys Ntiwiragabo. L'ancien patron des renseignements durant le génocide de 1994 est déjà sous le coup d'une enquête de la justice française depuis fin juillet, déclenchée suite aux révélations du journal Mediapart.

Les enquêteurs du journal en ligne ont retrouvé le militaire en France, dans la banlieue d'Orléans, à une centaine de kilomètres au sud de Paris. D'aprè sMediapart, l'homme y vivrait depuis « au moins 14 ans ». Selon son avocat interrogé par RFI, Aloys Ntiwiragabo ne se cache pas. Mais certains rescapés du génocide craignent qu'il ne disparaisse à nouveau dans la nature. La demande de Kigali pourrait permettre d'accélérer la procédure.

Avec ce mandat d'arrêt international, la justice rwandaise ne s'attend sans doute pas à une extradition. La France a, jusqu'à présent, toujours refusé d'envoyer de présumés génocidaires au pays des mille collines pour y être jugés. En revanche, on peut penser que Kigali espère voir Aloys Ntiwiragabo arrêté rapidement.

Plus recherché depuis 2004

Le procureur général rwandais indique travailler avec ses collègues français. Mais par ce mandat d'arrêt, Aimable Havugiyaremye met aussi la pression sur eux. D'autant que d'après Mediapart, Interpol a également été saisie.

Le procureur général rwandais avoue à Mediapart un « soulagement » lorsqu'il a appris que l'ancien chef des renseignements était encore vivant. Selon lui, ses services ont travaillé d'arrache-pied pour rédiger un acte d'accusation en support de leur mandat d'arrêt. Dans les documents de la justice internationale, Aloys Ntiwiragabo est présenté comme faisant partie des penseurs du génocide des Tutsis.

Il aurait notamment rédigé des listes de personnes à tuer, y compris des opposants hutus. Il n'était plus recherché par le Tribunal spécial pour le Rwanda depuis 2004. Pas faute d'indices, mais faute de temps et de moyens.

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.