Afrique: Allocution liminaire du Directeur général de l'OMS à l'occasion de l'éradication du poliovirus sauvage dans la Région africaine de l'OMS

Monsieur le Président du Nigéria, Muhammadu Buhari,

Madame la Présidente du Comité régional, Dre Jacqueline Lydia Mikolo,

Madame la Professeure Rose Leke,

Monsieur Aliko Dangote,

Monsieur Bill Gates,

Madame la Directrice régionale, Dre Moeti,

Excellences, chers collègues et amis,

Aujourd'hui est un jour de fête et d'espoir.

Aujourd'hui, nous nous réunissons pour fêter un succès historique en matière de santé publique - la certification de l'éradication du poliovirus sauvage dans la Région africaine.

Au nom du Conseil de surveillance de la poliomyélite, du Rotary, des CDC, de l'UNICEF, de la Fondation Bill et Melinda Gates et de l'Alliance Gavi, ainsi que de tous les donateurs et de nos autres partenaires, je félicite le peuple et les gouvernements africains pour leur leadership et leur détermination.

Votre succès est le succès du monde.

Aucun d'entre nous n'aurait pu y parvenir seul. Seule la force du partenariat a rendu possible ce succès historique. C'est le fruit de la solidarité.

Depuis 1996, près de neuf milliards de vaccins antipoliomyélitiques ont été administrés en Afrique, jusqu'à 1,8 million de cas de poliomyélite due au poliovirus sauvage ont été évités et jusqu'à 180 000 vies ont été sauvées.

Les investissements énormes que nous avons tous consentis pour vaincre la poliomyélite ont magnifiquement porté leurs fruits.

Et bien que la poliomyélite due au poliovirus sauvage ait été éradiquée d'Afrique, ces investissements serviront encore à répondre à de nombreux autres besoins en matière de santé.

L'Initiative mondiale pour l'éradication de la poliomyélite a contribué à fournir de la vitamine A, des moustiquaires de lit et des comprimés pour le déparasitage, et à soutenir la riposte aux flambées, y compris celles de maladie à virus Ebola.

La pandémie de COVID-19 montre une fois de plus que le personnel qui lutte contre la poliomyélite est essentiel pour la santé publique et peut être rapidement mobilisé pour venir en aide aux communautés les plus vulnérables.

La riposte à la COVID-19 repose avant tout sur les agents de santé locaux, mais nous sommes heureux que les personnels de l'OMS, de l'UNICEF, du programme Polio STOP et des CDC qui luttent contre la poliomyélite aient également pu soutenir la riposte dans 36 pays africains.

Ces personnels assurent la surveillance, le suivi des contacts, la communication sur les risques, la gestion des données et la notification, ainsi que la préparation et la coordination.

Le réseau de laboratoires de la poliomyélite, qui compte 16 laboratoires dans 15 pays, consacre aujourd'hui 50 % de ses capacités aux tests de dépistage de la COVID-19.

Des centaines de tests sont effectués chaque jour en Afrique du Sud, en Algérie, au Cameroun, en Côte d'Ivoire, en Éthiopie, à Madagascar, au Nigéria et au Sénégal à l'aide de machines initialement utilisées pour dépister la poliomyélite.

Le programme de lutte contre la poliomyélite continue à jouer un rôle de premier plan pour faire participer des personnalités de de confiance à la lutte contre la COVID-19, en sensibilisant les professionnels de la santé et les influenceurs communautaires à la prévention et à la détection de la COVID -19, tout en leur fournissant des équipements de protection et des outils de dépistage.

Mes frères et sœurs,

La fin de la poliomyélite due au poliovirus sauvage en Afrique est un grand événement. Mais comme nous le savons tous, ce n'est pas la fin de la poliomyélite.

Seize pays sont encore confrontés à des flambées dues à des poliovirus dérivés de souches vaccinales et nous devons encore faire de grands efforts pour éradiquer le poliovirus sauvage de l'Afghanistan et du Pakistan.

Tant que la poliomyélite est présente quelque part, elle constitue une menace partout.

Beaucoup reste encore à faire pour reléguer la poliomyélite aux livres d'histoire.

Nous devons continuer à mobiliser des fonds ;

pour renforcer les systèmes de santé, en particulier pour les vaccinations essentielles ;

pour former les personnels de santé ;

pour renforcer les services de proximité ;

et pour écouter les préoccupations des communautés pour contrer la désinformation.

Oui, tout cela coûte de l'argent.

Mais en fin de compte, l'argent utilisé pour éradiquer la poliomyélite n'est pas une dépense mais un investissement.

Un investissement dans un avenir plus sain et plus productif, où la poliomyélite n'emporte plus les enfants et ne les empêche plus de s'épanouir.

Un avenir sans poliomyélite aurait pu sembler impossible.

Mais, comme le disait Nelson Mandela, la détermination permet de tout surmonter.

Merci encore. Merci beaucoup. C'est un grand honneur pour moi de me joindre à vous alors que nous sommes du même continent, l'Afrique. Comme ma sœur, je suis si fier d'assister à cet événement.

Merci encore.

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