Cote d'Ivoire: Dépot annoncé de la candidature de Gbagbo à la présidentielle - Le FPI veut pousser le pouvoir à la faute

Le président du Pdci-Rda, Henri Konan Bédié, a déposé son dossier de candidature à la Cei, jeudi.
analyse

La Justice ivoirienne a radié définitivement l'ex-président, Laurent Gbagbo, de la liste électorale. Une décision qu'elle justifie par le fait que ce dernier est privé de ses droits civiques depuis qu'il a été condamné à 20 ans de prison dans l'affaire de la « casse de la BCEAO ».

Mais ses partisans ne l'entendent pas de cette oreille. La plateforme de soutien à l'ancien président, Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), y voit un acte purement politique pour écarter « un adversaire de taille » de la course à la présidentielle d'octobre 2020 et n'entend pas rester les bras croisés.

Elle envisage même de déposer le dossier de candidature de l'ancien président quoique ce dernier ne se soit pas encore prononcé sur le sujet. C'est donc peu dire que c'est un nouveau feuilleton politico-judiciaire qui s'annonce au pays d'Houphouët Boigny.

Mais sans jouer les Cassandre, tout porte à croire que c'est un combat perdu d'avance. Car, s'il est vrai qu'aux yeux d'EDS, la condamnation de Gbagbo n'est ni plus ni moins qu'une instrumentalisation de la Justice à des fins politiques, force est de reconnaître que les pro-Gbagbo n'ont pas beaucoup de marges de manœuvre.

Tout se passe en fait comme si le Front populaire ivoirien (FPI) tendance Gbagbo, veut pousser le pouvoir d'Alassane Ouattara à la faute. On est d'autant plus fondé à le penser que le FPI sait pertinemment qu'une éventuelle candidature de Gbagbo, ne saurait prospérer.

Ni la Commission électorale indépendante ni le Conseil constitutionnel ne peuvent aller à l'encontre d'une décision de justice. Sur quoi s'arcboutent alors les pro-Gbagbo ? Tout laisse croire que les Gbors (pro-Gbagbo) cherchent un alibi pour chauffer à blanc le pouvoir ivoirien.

Malheureusement, ADO leur a donné des verges pour se faire fouetter en annonçant qu'il briguera un troisième mandat. Cette posture guerrière des pro-Gbagbo, est la preuve qu'ils ne sont pas prêts à tourner la page de leur mentor.

Ils croient dur comme fer que le Christ de Mama peut encore revenir au pouvoir. Il est vrai que le rêve est permis d'autant que l'étau de la Cour pénale internationale (CPI), se desserre de plus en plus autour de Gbagbo.

Mais de là à croire qu'il peut regagner aussitôt le bercail en homme libre et se lancer dans la course au palais de Cocody, c'est rêver débout. Cela dit, les partisans de Gbagbo gagneraient plutôt à œuvrer pour le retour de l'ex-président dans la paix.

Certes, certains caciques du FPI qui n'ont jamais digéré le transfèrement de leur mentor à la CPI, pensent que l'heure du match retour a sonné. Mais ils oublient qu'il y a loin du rêve à la réalité.

En tout état de cause, la Côte d'Ivoire porte toujours les stigmates de la crise post- électorale de 2010-2011 tant et si bien qu'il faut savoir raison garder. Et le FPI qui en a le plus souffert sur le plan politique, doit éviter de réveiller les vieux démons.

Il est vrai qu'en politique, tous les coups sont permis mais comme le dit un adage, « on ne met pas le feu aux hautes herbes où se trouve la case de sa mère ».

Cela dit, le régime d'ADO devrait aussi se garder de jeter de l'huile sur le feu car, il n'est quand même pas blanc comme neige dans tout ce que l'opposition lui reproche.

Rappelons au passage que ces violences interviennent au moment où ADO est en vacances en France. On ose espérer que le locataire de l'Elysée, Emmanuel Macron, rappellera son pair africain sur la nécessité d'œuvrer à préserver la paix en Côte d'Ivoire.

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