Madagascar: Les transports terrestres entre régions ont partiellement repris

Depuis cinq mois, les frontières de l'Analamanga, la région de la capitale, avec le reste de l'île sont fermées pour contenir la propagation de Covid-19. Ce samedi dans la matinée, un peu plus d'un millier de Malgaches ont pu reprendre les taxis-brousses ou minibus qui relient la capitale à certaines villes de l'est du pays. Pour beaucoup d'entre eux, c'est la fin de plusieurs mois de précarité loin de leur domicile et de leurs familles.

A la gare routière du quartier d'Ambodivona, les taxis-brousses ont pris la route dès 6h du matin. Fenoarisoa, enseignante, masque sur le visage comme tous les autres passagers, patiente pour le dernier départ de midi en direction de Tamatave, grande ville portuaire de la côte est du pays. « J'ai tellement hâte de rentrer. J'étais venue quelques jours à Antananarivo et je suis restée bloquée avec le confinement. Je n'ai pas vu mes enfants et mon mari depuis le 15 mars. C'est une séparation trop lourde à supporter. J'ai acheté du crédit tous les jours pour pouvoir les appeler. Je n'ai pas été là pour eux depuis tellement longtemps. Beaucoup de choses auront changé à mon retour. »

Rabearison, retraité, attend lui aussi, depuis des semaines cette reprise des transports pour pouvoir retrouver sa petite-fille. « On a l'habitude de se voir tous les mois. C'était difficile d'être bloqué ici. On se parlait sur Whatsapp mais ce n'est pas pareil. Je suis très content de partir. »

Avant de monter dans le minibus, un docteur contrôle l'état de santé des passagers. Prise de température et désinfection pour chaque voyageur. Des mesures qui rassurent Rabearison. « Ils ont fait le nécessaire. Mais c'est aussi à soi-même de se protéger. Vu mon âge, je fais partie des vulnérables. Par exemple, dans mon sac j'ai une visière, même si je porte déjà un masque. Et puis quand on achète le billet aussi, il faut bien choisir sa place. »

Si dans la salle d'attente de cette entreprise de transport, des lignes au sol rappellent aux voyageurs la distanciation sociale, à l'intérieur des minibus de 15 places, cette mesure ne pourra pas être respectée. Les passagers sont assis côte à côte. Solo Andrianiaina Rakotomalala est le directeur général de la compagnie de transport, Cotisse. « Comme on a des départs toutes les heures pendant la matinée, on essaie de faire garder la distance d'un mètre entre les gens dans le hall. Le hic, c'est dans la voiture : on a aussi voulu respecter les gestes barrières mais plutôt en leur disant de vraiment garder leurs masques et d'utiliser du gel hydro-alcoolique.On a aussi demandé aux chauffeurs de ne pas faire de pause à l'intérieur des villes et des villages. Les gens sont pressés de rentrer chez eux et nous avons déjà rempli 20 véhicules ce matin pour Tamatave, ce qui n'est pas encore assez vu la demande des gens. »

Pour pouvoir respecter la distanciation à l'intérieur des véhicules, les sociétés de taxis-brousses avaient réclamé la possibilité d'augmenter le prix du billet pour pouvoir installer un passager par banquette tout en limitant le manque à gagner d'un véhicule à moitié rempli. Mais l'Agence des Transports Terrestres n'a pas autorisé cette hausse de tarif, pour éviter un coût supplémentaire aux ménages déjà touchés par la crise économique et sociale engendrée par l'épidémie de Covid-19.

Les sociétés de transport ont elles aussi été durement affectées par la fermeture des liaisons entre régions. « Il y a eu un manque à gagner énorme. On va devoir remonter la pente petit à petit en suivant des règles sanitaires qui sont aussi des contraintes mais du moment que l'on reprend, c'est déjà bien », poursuit Solo Andrianiaina Rakotomalala.

Pour l'heure, seules les villes situées sur la route nationale 2, dans l'est du pays, sont autorisées à être desservies par les taxis-brousses, entre autres Tamatave, Vatomandry, Moramanga ou encore Mahanoro.

Début avril, le chef de l'Etat avait pris la décision d'autoriser pendant trois jours le transport entre régions pour permettre aux personnes loin de chez elles de rentrer. Les taxis-brousses avaient alors été assaillis par une foule de voyageurs. Beaucoup n'étaient pas parvenus à trouver une place.

Plus de: RFI

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