Ile Maurice: Colère populaire

La diaspora mauricienne en communion avec les marcheurs de Port-Louis

Ça gronde ! Ça gronde depuis quelque temps, et les diverses frustrations et multiples mécontentements de la population se font de plus en plus sentir, de plus en plus entendre.

La crise économique post-Covid se fait de plus en plus visible, la volonté du pouvoir de faire taire les voix gênantes de plus en plus forte, et les libertés individuelles ont reçu quelques coups sévères qui font peur. Bref, les raisons pour être en colère ne manquent pas, mais la goutte (noire) qui a fait déborder le vase (de la colère), c'est le déversement de fioul au sud-est de l'île.

La question que l'on peut se poser est celle-ci : est-ce que les gouvernements, dans une démocratie, sont voués à être mal-aimés, voire détestés, peu de temps après avoir été élus ? Pas forcément, surtout concernant la détestation, mais il semble qu'une grande partie de la population supporte de moins en moins le pouvoir en place. «Lev paké alé» est une des formules que l'on entend le plus, mais est-ce vraiment le départ de l'équipe au pouvoir qui va résoudre la crise économique et tout ce que l'on a dit plus haut ? Est-ce en changeant d'hommes politiques que les choses vont aller mieux ? Couper des têtes, est-ce la solution pour remettre un pays sur sa tête ?

Ne faudrait-il pas, plutôt, changer de culture politique, de fonctionnement et de manière de faire ? Ne faudrait-il pas changer la vision de ce qu'est la politique ? Envisager que les citoyens s'auto-gèrent et s'auto-gouvernent le plus possible (reste à décider comment), et non cette vision et surtout pratique du pouvoir de type paternaliste, où le Premier ministre est le seul à gouverner, ce qui place toujours les citoyens comme des enfants face à un papa plus ou moins autoritaire.

Or être citoyen, ce n'est pas être en position d'infériorité face au pouvoir, mais ce n'est pas être à égalité non plus. Car tant que des lois sont votées pour être appliquées, elles doivent l'être, et par tous.

Néanmoins, les citoyens peuvent s'insurger contre une loi injuste avec les armes légales que propose la démocratie, tenter de faire changer la loi. Changer de culture politique, c'est aussi arrêter d'envisager la politique comme le placement de petits copains qui n'ont pas les compétences requises, ainsi que la distribution de privilèges aux proches du pouvoir.

Ces pratiques, d'ailleurs, concernent bon nombre de pays démocratiques, d'où l'immense tâche qui se pose à nous en tant que citoyens. Dans l'état actuel de l'exercice du pouvoir, c'est contre cela que se situeraient les germes d'une véritable révolution.

Plus de: L'Express

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