Congo-Kinshasa: Mont-Ngafula - Un enfant de 3 ans disparait sans laisser de traces

1 Septembre 2020

Sur la rue Mayulu, au quartier Matadi Kibala, la famille de Samy Muela est inconsolable. Depuis plus de dix jours, leur enfant, Samana, de sexe masculin, âgé à peine de 3 ans, est introuvable. Toutes les recherches entreprises auprès des enfants de son âge et du quartier, n'ont pas abouti. Et les membres de sa famille ne se sont pas découragés pour autant.

Avec l'aide des voisins de Matadi Kibala, mobilisés pour les besoins de la cause, la famille a pu constituer un bataillon de volontaires. Tous se sont déployés, les uns pour chercher le gosse auprès des postes de police ou dans des centres médicaux proches, et jusque dans les morgues, les autres sur tous les terrains de jeu où cet enfant se serait éventuellement égaré. Même dans les petits marchés, il n'y a aucune trace de l'existence de Samana.

Chaque jour, la fouille dans les communiqués divers de l'annonce d'un enfant perdu et retrouvé par un Bon Samaritain, n'a pas porté jusque-là de fruit. Mais la famille de Samana garde encore un brin d'espoir, même si au fil des jours l'inquiétude se fait plus en plus grande. Dans la parcelle familiale de la rue Mayulu, les âmes les plus sensibles continuent à verser des larmes. Les femmes d'abord et d'autres enfants ensuite. Et tout Matadi Kibala fouillé, rien n'indique que le petit garçon est toujours dans ce quartier.

Depuis dix jours, comme il faudrait le relever, le mystère est tout entier quand on se rappelle que le jour de sa disparition, Samana jouait tranquillement avec ses petits copains. Curieusement, à l'heure du repas du soir, le gosse n'a pas regagné le toit parental. Son mets a attendu jusqu'au matin, sans que le consommateur ne fasse signe de vie. Toute la nuit, comme tous les jours qui ont suivi, les membres de famille ont opté pour une résolution : retrouver à tout prix Samana, vivant ou mort.

Après des contacts pris avec certains amis, est venue plus tard l'idée de porter plainte contre inconnu pour enlèvement d'enfant. Samy Muela est catégorique : notre famille n'a pas de problème avec des voisins. L'enfant est né dans cette famille, il y a grandi. Rien ne peut justifier un quelconque enlèvement.

Aucune structure locale pour aider à retrouver les nombreux enfants portés disparus

Une série des questions continue cependant, de triturer les méninges de ses parents. Samana serait-il emporté par un réseau de trafiquants d'enfants ? Si cette hypothèse pouvait se vérifier, serait-il gardé dans un orphelinat ou dans un centre de transit avant son transfert hors de nos frontières ? Et c'est pour couper court aux spéculations que Samy Muela a initié plusieurs actions. Dans un premier temps, une plainte a été déposée au Commissariat provincial de la police ville de Kinshasa, et un avis de recherche auprès du président national de la Croix-Rouge de la RDC. Samy Muela reste persuadé que cette organisation humanitaire internationale qui dispose d'un grand réseau de bureaux nationaux, peut étendre les recherches sur l'enfant Samana dans tous les pays membres de la Croix-Rouge. Comme elle le fait si bien, après les guerres et les conflits interethniques, elle pourra certainement porter loin, le message pathétique des parents de l'enfant.

Aujourd'hui, toute visite d'un inconnu sur la rue Mayulu est d'office assimilée à l'apport d'une nouvelle sur l'existence du gosse que tous les membres de famille souhaitent voire revenir vivant. Dire que cet enfant ne serait plus en vie est difficile à supporter pour une famille qui éprouvait de forts sentiments d'affection pour le gosse. Certains membres de cette famille se sont tournés volontiers vers la prière implorant le miracle du Ciel, au point que des retraites sont organisées à cette fin.

A y voir de près, de nombreux communiqués publiés dans les chaines de radios et de télévisions font état depuis le début de cette année, de la disparition d'enfants à bas âge. Dans la ville de Kinshasa, on se rappelle qu'à une certaine époque, des chasseurs des primes se livraient au ramassage ou enlèvement d'enfants dans les communes pour les signaler présents et bien nourris dans les communes très éloignées, dans des familles d'accueil généreuses. Des communiqués et des images télévisuelles permettaient de connecter les chasseurs des primes et les familles de leurs « otages ». Et des centaines de ces délinquants se sont faits de l'argent dans ces méfaits. Un vaste trafic d'enfants avait défrayé aussi la chronique. Et avec le concours de certaines ONG, on a découvert que les gosses étaient vendus dans des familles occidentales d'adoption qui n'ont pas conclu des formalités officielles d'usage en la matière. Des poursuites judiciaires ont été diligentées pour mettre fin à ce trafic.

Affaire à suivre !

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