Mali: Crise malienne - La junte annonce deux journées de concertation nationale

Le Colonel Wagué, porte-parole du CNSP, annonce des modifications dans l'organisation des concertations nationales sur la transition politique au Mali.

Les militaires au pouvoir ont annoncé le 1er septembre vouloir organiser du 5 au 6 septembre deux journées de concertation devant aboutir à un consensus autour de la gestion de la transition.

Les journées de concertation nationale auront pour objectif d'élaborer la « feuille de route » et la charte de la transition, et à déterminer quels en seront les organes. La rencontre sera placée sous la présidence du colonel Assimi Goïta, son chef, a annoncé la junte.

Le M5-RFP qui a canalisé l'exaspération des Maliens devant la grave crise sécuritaire, économique et institutionnelle traversée par leur pays, mais aussi la corruption reprochée à toute la classe politique, réclame d'être placé sur un pied d'égalité avec la junte à l'heure de la transition.

La semaine passée, il avait très mal pris de ne pas être listé en tant que tel parmi les invités de la concertation et avait accusé la junte de chercher à « confisquer » le changement. Sa figure tutélaire, l'imam Mahmoud Dicko, avait prévenu les militaires qu'ils n'avaient pas « carte blanche ». Ceux-ci avaient reporté la concertation et, à la place, avaient reçu dans la soirée les représentants du M5-RFP.

Depuis, et après s'être d'abord surtout entretenus avec les représentants étrangers pour les rassurer mais aussi demander la levée des sanctions imposées par les voisins ouest-africains, les militaires ont reçu séparément les responsables de partis ou de syndicats.

Chacun a exposé sa vision, en particulier sur la durée de la transition et qui, civil ou militaire, devra la conduire. Ces questions divisent militaires et responsables maliens, communauté internationale et experts.

Les uns invoquent le temps et l'autorité indispensables pour relever les immenses défis auxquels fait face le pays et pour ne pas reproduire les erreurs d'un passé tourmenté. Les autres font valoir a contrario le risque d'un nouvel affaiblissement de l'État, d'une instabilité encore accrue dont profiteraient les djihadistes, ainsi que le mauvais exemple régional donné par une junte maintenue durablement au pouvoir.

La junte a proposé initialement trois ans sous la conduite d'un militaire, avant de rabaisser la barre à deux et de se dire ouverte sur son chef. Le M5-RFP a, de son côté, proposé une transition de dix-huit à vingt-quatre mois, avec des civils aux manettes des institutions. La Communauté des États de l'Afrique de l'Ouest a réclamé une « transition civile » et des élections dans douze mois, tandis que la France, partenaire essentiel du Mali, a estimé que la transition devait être « une affaire de mois ».

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