Congo-Kinshasa: Leila Zerrougui - « La MONUSCO n'est pas là pour appuyer ceux qui déstabilisent le pays »

communiqué de presse

La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en République Démocratique du Congo, Leila Zerrougui, a dénoncé avec vigueur les rumeurs fantaisistes prétendant que la MONUSCO serait impliquée dans la fourniture de la logistique aux groupes armés dans l'est du pays.

Répondant à une question d'un journaliste à ce propos, au cours de la conférence hebdomadaire des Nations- Unies tenue le 2 septembre 2020 à Kinshasa, la cheffe de la MONUSCO a été ferme. "Dire que nous fournissons de la logistique aux groupes armés, je pense que c'est totalement irresponsable", a-t-elle déclaré.

Pour la Cheffe de la MONUSCO, il n'y a aucune logique à penser que la MONUSCO pourrait apporter un soutien aux groupes armés. " Nous sommes là pour appuyer les FARDC, pour appuyer les autorités [... ] à mettre fin à cette menace des groupes armés. Nous menons des enquêtes et nous menons des investigations avec les autorités judiciaires, policières, militaires et politiques. Si nous étions, nous, une menace pour la RDC, vous pensez que le gouvernement va nous laisser ? Vous pensez que c'est logique qu'on puisse fournir [de la logistique] aux groupes armés contre l'armée congolaise, et l'armée congolaise monte dans nos avions, nous accompagne et travaille avec nous, prépare des plans d'opérations avec nous ? ".

Leila Zerrougui a tenu à rappeler que les casques bleus payent un lourd tribut face aux groupes armés. "Nous avons eu des Malawites, des Tanzaniens, des Sud-Africains, des Pakistanais qui sont morts. Récemment, comme vous le savez, nous avons eu quatre Indonésiens, des ingénieurs qui étaient en train de construire la route, qui ont été attaqués. Un est mort, trois ont été évacués chez eux. Donc comment peut-on dire que nous appuyons des groupes qui tuent nos gens ? Comment on peut faire ça ?", s'est-elle interrogée.

Dans le même élan, la cheffe de la MONUSCO a condamné les attaques de miliciens contre des écoles au Sud-Kivu, privant les enfants du droit de passer leurs examens.

"J'espère qu'on identifiera ces criminels et qu'on les jugera parce que c'est bien évidemment inacceptable mais ça n'a aussi aucune légitimité. Comment peut-on prétendre prendre les armes pour défendre une communauté et on va tuer des enfants ou les empêcher de passer des examens ? ", s'est-elle indignée.

Face à ce genre de crimes commis par les groupes armes, Leila Zerrougui dit ne pas comprendre les accusations contre la MONUSCO. "Moi je passe mon temps à dire : « Il ne faut pas les intégrer dans l'armée, même quand ils déposent les armes. Il ne faut pas accepter l'amnistie. Il faut se battre pour que ces gens demandent pardon et rendent des comptes. Pas leur faire de cadeaux... Ça fait vingt ans que ces gens survivent parce qu'ils sont récompensés. Il faut arrêter", a insisté la cheffe de la MONUSCO.

Des progrès dans la lutte contre les groupes rebelles

La Cheffe de la MONUSCO a souligné que dans la lutte contre les groupes armés, il y'a beaucoup de progrès qu'il ne faut pas sous-estimer. « Aujourd'hui, les groupes sont certes dispersés, ils n'ont pas été vaincus, mais ils sont loin des zones où ils opéraient avant. Il y a toute une partie où ces gens faisaient de l'agriculture, faisaient du business, dans tout ce qu'on appelait Mwalika. Ces zones-là sont contrôlées par les FARDC. Nous sommes ensemble dans ces zones, nous travaillons ensemble, nous opérons aussi souvent dans ces zones avec les FARDC », a-t-elle indiqué.

La MONUSCO est en train d'utiliser le maximum de ses moyens dont elle dispose pour soutenir les forces de sécurité nationales dans la lutte contre les groupes armés.

Afin justement de faciliter la traque des rebelles par les forces de sécurités nationales, la MONUSCO utilise des drones. A une question d'un journaliste sur l'utilité de ces drones, Leila Zerrougui a déclaré : « Les drones, ça nous coûte beaucoup d'argent, mais on le fait parce que ça permet de donner plus de capacités aux FARDC qui opèrent dans ces zones, de savoir où se trouvent ces gens, de pouvoir les cibler et de pouvoir identifier où ils se trouvent ». Et d'ajouter : « Vous savez la difficulté que vous avez lorsque vous avez des groupes armés qui opèrent là où il y a des populations. C'est très difficile de cibler des gens lorsque vous pouvez tuer aussi des populations civiles. Donc c'est très important de pouvoir disposer de capacités technologiques qui permettent justement d'identifier ces gens, de pouvoir les cibler et de pouvoir les isoler des populations, et de protéger les populations ».

La Cheffe de la MONUSCO a par aiileurs informé les journalistes que la Mission est entrain de démilitariser et fermer des bureaux, dans la perspective de son retrait de la RDC. "Nous avons eu une évaluation et nous sommes en train de préparer la transition, parce que cette année, nous aurons aussi à présenter un rapport sur la transition avec les autorités, et réduire encore davantage notre présence dans les zones où les autorités congolaises sont en mesure d'assumer les charges et la sécurité sans notre intervention", a-t-elle précisé.

Actuellement, la MONUSCO n'est présente que dans 6 des 26 provinces de la République Démocratique du Congo.

A La Une: Organisations Internationales et l'Afrique

Plus de: Monusco

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.