Afrique: La Conférence régionale de la FAO préconise une action plus ambitieuse contre les impacts du Covid-19 en Asie et dans le Pacifique

communiqué de presse

Bangkok/Thimphou — Les sessions ministérielles soulignent l'importance de soutenir les moyens d'existence des personnes les plus vulnérables

À l'occasion de la troisième journée de la Conférence régionale de la FAO pour l'Asie et le Pacifique, M. QU Dongyu, Directeur général de la FAO, ainsi que des ministres et des représentants de la société civile et du secteur privé, ont fait part de leurs inquiétudes quant aux effets du COVID-19 sur la sécurité alimentaire et les moyens d'existence de millions de personnes et ont recommandé vivement de mener une action plus ambitieuse pour surmonter les difficultés liées à l'alimentation et à l'agriculture dans la région.

Ils se sont exprimés à la Réunion ministérielle qui s'est tenue dans le cadre de la Conférence régionale, animée par le Royaume du Bhoutan et organisée en ligne, au cours de laquelle les participants définissent les priorités de la région pour les années à venir et élaborent des stratégies pour combattre la faim et la malnutrition et faire progresser la transformation des systèmes agroalimentaires, laquelle a pour but de les rendre plus durables, plus productifs et plus résilients.

«Nous devons prendre conscience du fait que les secteurs de l'alimentation et de l'agriculture, notamment la pêche, la foresterie, la culture et l'élevage, ont été gravement touchés par la propagation de la pandémie», a déclaré M. Tandi Dorji, Ministre des affaires étrangères du Bhoutan, dans l'allocution d'ouverture qu'il a prononcée au nom du Premier Ministre de son pays.

Le Directeur général de la FAO a pour sa part souligné que les petits exploitants agricoles vulnérables devaient être placés au centre des interventions.

«Les petits exploitants agricoles et leur famille, de même que les travailleurs qui mènent des activités liées à l'alimentation dans tous les secteurs et ceux qui vivent dans des pays dont l'économie repose sur les produits de base et le tourisme, sont particulièrement fragiles. Il faut leur venir en aide de toute urgence», a affirmé M. QU Dongyu.

La région Asie-Pacifique héberge plus de la moitié des personnes sous-alimentées à l'échelle mondiale, et les répercussions du COVID-19 risquent de faire monter le nombre de personnes souffrant de la faim en Asie du Sud à près de 330 millions, soit une augmentation d'un tiers, au cours des 10 prochaines années.

«Si des progrès considérables ont été accomplis dans la lutte contre la faim et la pauvreté dans bon nombre de pays, le COVID-19 nous a fait perdre l'élan créé. Nous devons être prêts à affronter des risques plus élevés et faire en sorte que la chaîne d'approvisionnement alimentaire soit durable», a déclaré M. Yeshey Penjor, Président de la Conférence régionale et Ministre de l'agriculture et des forêts du Bhoutan.

D'autres intervenants de haut niveau ont relevé l'importance qu'il y a à agir sur deux fronts en même temps, c'est-à-dire en revoyant les politiques publiques et en prenant des mesures concrètes sur le terrain.

«Le nouveau coronavirus a une incidence sur les politiques locales, nationales, régionales et mondiales. Il faut absolument tenir compte de la situation mondiale comme du contexte local dans le combat contre la pandémie», a préconisé vivement M. Khalid Mehboob, Président indépendant du Conseil de la FAO.

«La pandémie de maladie à coronavirus a mis en évidence la vulnérabilité et les faiblesses de nos systèmes alimentaires mondiaux, pourtant déjà fragiles. Nous devons faire le nécessaire, sans tarder, pour les transformer», a recommandé M. Thanawat Tiensin, Président du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), plateforme internationale et intergouvernementale faisant intervenir le secteur privé et la société civile qui rend compte à la Conférence de la FAO et à l'Assemblée générale des Nations Unies par l'intermédiaire du Conseil économique et social (ECOSOC).

Mme Chime P. Wangdi, Secrétaire générale de la Fondation Tarayana (Bhoutan), s'est exprimée au nom de la société civile et a tenu à rendre hommage aux agriculteurs de la région, qu'elle a décrits comme des héros de l'alimentation mobilisés en première ligne.

«Il y a du positif à tirer de cette pandémie. La crise sanitaire a permis aux citoyens ordinaires de prendre conscience de la valeur d'une production agricole saine et locale, et aux gouvernements de s'appuyer davantage sur leur production agricole nationale et de favoriser des chaînes de valeur et les filières alimentaires plus courtes et plus inclusives», a-t-elle déclaré.

Une collaboration prolongée et plus vigoureuse

Le Directeur général de la FAO et bon nombre de participants ont également préconisé vivement une collaboration prolongée et plus approfondie, qui passe par la mobilisation des innovations et technologies agricoles, dans le combat mené contre la faim et les répercussions du COVID-19.

À ce propos, le dirigeant de la FAO a présenté le Programme d'intervention et de redressement dans le contexte du COVID-19 de l'Organisation, qui vient d'être mis sur pied et vise à atténuer les effets directs de la pandémie tout en reconstruisant en mieux; le programme prévoit également d'autres initiatives essentielles axées sur l'innovation qui sont susceptibles d'accélérer l'action mondiale contre la faim.

Parmi ces initiatives figurent, notamment, la création d'un bureau de l'innovation au sein de la FAO et d'une plateforme internationale pour le développement du numérique dans l'alimentation et l'agriculture, ainsi que l'établissement de l'Initiative Main dans la main, qui s'appuie sur des outils de pointe, à savoir la Plateforme de données géospatiales et le laboratoire de données (Data Lab) de la FAO pour l'innovation statistique.

«Toutes ces actions ont pour finalité de rassembler les connaissances et les outils les plus récents pour les mettre à la disposition des décideurs, mais aussi des petits agriculteurs, des pêcheurs, des bergers et des forestiers. Dans la région Asie-Pacifique, une grande majorité des petits exploitants élaborent les produits alimentaires et agricoles dont ils dépendent», a expliqué M. QU Dongyu.

«Nous devons tirer parti de toutes les possibilités offertes par l'ère numérique dans le cadre de partenariats novateurs avec les gouvernements nationaux, les agriculteurs, le secteur privé, les universités, les organisations non gouvernementales (ONG) et bien d'autres acteurs encore», a-t-il ajouté.

Plusieurs participants, parmi lesquels le Ministre des affaires étrangères du Bhoutan, ont fait part de leur intérêt pour les grandes initiatives actuelles de l'Organisation, notamment l'Initiative Main dans la main, et de leur volonté de faciliter leur mise en œuvre. D'autres ont pris acte de l'importance que pourraient revêtir l'innovation et les technologies dans l'amélioration de la production et de la sécurité alimentaires.

La Conférence régionale de la FAO pour l'Asie et le Pacifique se poursuivra jusqu'au vendredi 4 septembre. Toutes les séances de la Conférence peuvent être suivies en direct en webdiffusion. Le calendrier est disponible ici et l'ordre du jour annoté ici.

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