Congo-Kinshasa: Projet de destitution du Président de la République - Prof Mbata dénonce une masturbation constitutionnelle

4 Septembre 2020

A la suite du tohu-bohu suscité par Martin Fayulu et Theodore Ngoy, les dernières recrues de la plateforme politique de Joseph Kabila, l'inénarrable Bitakwira a eu la sagesse de sortir du bois pour exprimer son étonnement. En des mots presque choisis, il souligne que les deux hommes n'ont plus rien à faire, sinon exercer la pression sur la coalition au pouvoir pour tenter d'exister.

En d'autres circonstances, cette sortie pouvait prêter à sourire, sauf qu'il s'agit, ici, de la vie d'une nation que l'on veut troubler par des initiatives inconstitutionnelles. En se mettant dans la peau d'avocats, et en infligeant sans titre ni qualité un carton rouge au Président de la République pour une violation de la Constitution qui n'existe que dans leurs têtes, MM. Fayulu et Ngoy se sont en réalité attaqués à l'ensemble de l'appareil judiciaire à travers le Conseil Supérieur de la Magistrature car c'est ce dernier, conformément aux textes qui le régissent, qui a opéré les mises en place sanctionnées par les ordonnances présidentielles déjà exécutées sur l'ensemble du territoire national.

A ce stade, la question qui mérite d'être posée est celle de savoir comment les deux super avocats vont obtenir des magistrats qu'ils leur donnent raison en se condamnant eux-mêmes.

La deuxième question est celle de savoir pourquoi cette initiative scélérate a reçu un accueil chaleureux du partenaire de Cach dans la coalition au pouvoir. Encourager Fayulu, lui faire miroiter un hypothétique poste de Premier ministre dans une coalition qui ne pourrait exister que le temps pour l'improbable Thambwe Mwamba d'inviter le peuple aux urnes, relève à la fois de l'utopie et de la cécité politique. Il en est de même de tous ces scénarios fous élaborés pour une rentrée réellement sorcière et dont les auteurs sont curieusement des hommes qui vantent généralement leur intelligence mais qui, dans le cas d'espèce, se sont plantés lamentablement.

Comment peut-on, en effet, programmer le lavage des cerveaux des députés à la veille de la rentrée afin de s'assurer de leur engagement au projet de déstabilisation du Président de la République ? Ces hommes et ces femmes appelés «honorables» ne seraient-ils donc que de simples pantins qui n'auraient aucun sens de l'État et du bien-être collectif ? Et puis, pourquoi participeraient-ils à une action à tous égards inconstitutionnelle au regard de la loi fondamentale qui régit notre pays ?

Interrogé à ce sujet, le professeur André Mbata a lâché une phrase qui en dit long sur l'impasse qui attend les tambourinaires de la mise en accusation du Chef de l'État : « ce sont des charlatans du savoir qui rêvent en dansant, ils font de la masturbation en droit constitutionnel ». Prié de préciser sa pensée, le célèbre constitutionnaliste a martelé qu'« aucune disposition constitutionnelle n'autorise le Parlement à mettre le Président de la République en accusation. Cette prérogative incombe uniquement au Procureur Général près la Cour Constitutionnelle et à lui seul ». En clair, les gesticulations de Fayulu et son compère Ngoy Theodore, ne servent qu'à troubler les esprits tout en jouant le rôle de cache-nez aux initiatives du FCC qui entend relancer sa stratégie de blocage du fonctionnement du gouvernement, mission naguère confiée au Premier Ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba et que celui-ci avait refusé d'exécuter. On se rappelle à ce sujet la réunion houleuse qui s'était tenue à GLM au cours de laquelle le Premier Ministre avait affronté le club dirigeant du FCC à qui il avait rappelé que sa mission n'était pas de détruire la République.

C'est ce projet-là de GLM qui devrait refaire surface après l'échec inévitable de la mise en accusation du Chef de l'État mais il n'est pas sans risques pour la majorité FCC qui pourrait se retrouver plus exposée que jamais au jugement du peuple.

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