Congo-Brazzaville: CHU - Les syndicalistes rejettent la nomination d'un expatrié au poste de directeur général

L'intersyndicale du Centre hospitalier et universitaire (CHU) de Brazzaville vient de publier, le vendredi 6 septembre à Brazzaville, une déclaration dans laquelle elle exige q'un expatrié ne doit plus diriger cet établissement sanitaire.

Selon elle, la gestion du CHU ne pourrait être de ce point de vue néo libérale, calquée sur la gestion d'une entreprise quelconque, productrice des biens matériels.

« Dans ce contrat signé avec l'Unité de santé internationale (USI) du Canada, il est clairement stipulé que ces prestataires n'ont aucune obligation de résultat vis-à-vis du gouvernement congolais, pendant qu'à travers le monde, la GAR « gestion axée sur le résultat » est devenue une principale préoccupation des gestionnaires », a souligné l'intersyndicale du CHU.

Elle dénonce également la mauvaise gestion des fonds spéciaux d'appui à la relance affectés à l'équipe canadienne par le gouvernement pour le fonctionnement du CHU (pharmacie, laboratoire et imagerie médicale), près de six cent millions restés bloqués au Canada. Aucune relance de ces services n'a été assurée, indique l'intersyndicale.

« Nous exigeons le rapatriement de ces fonds. Cela prouve l'inefficacité de cette équipe de l'USI. Alors qu'en 2019, six milliards, soit quatre trimestres de subvention, de fonctionnement et d'équilibre du CHU ont été bel et bien décaissés par le Trésor public à son profit sans un seul résultat probant : ni réparation, ni achat d'appareils neufs, tandis que sur le marché des équipements sus-cités un scanner coûte moins de quatre cent mille franc FCFA, un fauteuil dentaire moins de cinquante millions de FCFA », ont déploré les agents du CHU dans leur déclaration.

Autres plaintes, l'intersyndicale a énumeré cinq mois de salaires impayés et l'arrêt depuis plus de deux ans du scanner, trois ans pour l'IRM, cinq ans pour la cobaltothérapie. Aucun fauteuil dentaire ni radio panoramique ne fonctionne, paralysant les consultations externes dans ce secteur.

De même tous les groupes électrogènes de secours sont tombés en panne y compris les appareils de consultations d'ophtalmologie, d'ORL et de réadaptation alors que pendant l'arrivée de M. Sylvain Villiard, expert canadien, une bonne partie de ces équipements fonctionnait encore, souligne la déclaration. A cela s'ajoute le manque d'eau potable.

D'après l'intersyndicale, les preuves de l'échec de la pratique de ce contrat sont irréfutables. Ces prestataires ont excellé dans l'attribution des marchés de gré à gré à certain cadre du ministère de la Santé, foulant aux pieds les recommandations des audits et la réglementation en vigueur.

Et enfin, selon elle, la nomination d'un nouveau prestataire expatrié n'a pour seul objectif que la gestion des six milliards en cours de décaissement par la BDEAC, afin de le manipuler dans le choix des fournisseurs .

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

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