Cote d'Ivoire: Environ une femme sur cinq a subi un viol avant 18 ans

5 Septembre 2020

Des chiffres qui interpellent et font froid dans le dos. En Côte d'Ivoire, environ une femme sur cinq a subi des violences sexuelles avant l'âge de 18 ans.

C'est ce que révèle l'enquête sur les violences faites aux enfants et aux jeunes en Côte d'Ivoire dont les résultats ont été présentés hier au Plateau en présence de la ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfant Ramata LyBakayoko, de l'ambassadeur des Etats-Unis en Côte d'Ivoire, Richard K

Bell, et bien d'autres personnalités. Selon l'enquête réalisée par le ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfant avec l'appui financier et technique du Pepfar, la prévalence des violences sexuelles avant 18 ans est de 19,2% chez la femme et de 11, 4 % chez l'homme.

Le taux de prévalence générale en matière de violence est de 58% chez les filles et de 66,5% chez les jeunes garçons. Soit trois filles sur cinq et deux garçons sur trois ont été victimes de violences pendant leur enfance. Pis, les bourreaux de nos bouts de chou sont tout juste à côté d'eux.

En effet, la plupart des violences se font dans leurs milieux les plus proches. 29,9% des femmes chez les 18-24 ans ont subi avant l'âge de 18 ans une violence physique perpétrée par un parent, un tuteur ou un membre adulte de la famille.

En outre, 45,3% ont été témoins de violence physique à la maison. Pour les femmes de 18-24 ans, les auteurs des premiers incidents de violence sexuelle durant l'enfance sont dans 45,5% des cas un ancien ou l'actuel partenaire ou un ami (23,6%).

Au niveau de l'homme, 33,7% des auteurs de ce type de violence sont un ami et 26,2% un camarade de classe. Les lieux du premier incident de violence sexuelle sont le domicile de l'auteur (65,8%) pour la femme et le domicile de la victime (40,8%) en ce qui concerne l'homme.

La conséquence de toute cette violence, a relevé l'enquête, c'est que 81,8% des femmes qui ont subi des violences sexuelles durant l'enfance étaient beaucoup plus susceptibles de faire une détresse émotionnelle. 24,8% ont pensé au suicide et 53,9% de celles qui ont pensé au suicide ont tenté de se suicider.

Les quatre piliers de Ly-Bakayoko pour renforcer la lutte contre les violences A la suite de la présentation des résultats de l'étude, la ministre Ramata LyBakayoko a exposé les 4 piliers essentiels pour renforcer la lutte contre toutes les formes de violence subies par les enfants.

Ce sont la réduction de la violence physique perpétrée à l'encontre des enfants dans l'environnement familial, communautaire et scolaire ; l'amélioration de l'accès et l'utilisation des services de protection de l'enfant contre la violence ; la réduction du taux de violence sexuelle chez les enfants avant 18 ans ainsi que l'amélioration de la coordination, la gouvernance et la communication des actions de lutte contre les violences faites aux enfants.

L'enquête sur la violence faite aux enfants et aux jeunes en Côte d'Ivoire, a expliqué Dr Solange Amethier (directrice du PN-OEV), est une première du genre en Afrique francophone menée par une structure publique.

Effectuée sur un échantillon de 2408 personnes pendant 60 jours, elle revêt un caractère très important vu qu'elle permettra de prendre des décisions et d'agir à partir des données scientifiques pour le bien-être des enfants.

« C'est maintenant que commence le plus dur », a fait savoir l'ambassadeur des Etats-Unis en Côte d'Ivoire.

Les prochaines étapes sont la dissémination du rapport, la validation du plan d'action prioritaire, la recherche de financement pour la mise en œuvre de ce plan sur la période 2020-2021.

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