Cote d'Ivoire: FIF/Blocage du processus électoral - Ce que risque le football ivoirien

5 Septembre 2020

A quand l'élection du futur président de la Fédération ivoirienne de football (FIF)? Plus encore, qui sera le successeur de Sidy Diallo à la maison de verre de Treichville ? Très malin celui qui pourra répondre avec certitude avec ces interrogations.

. Tellement la machine est grippée. Le processus électoral en cours à la Fédération est à l'arrêt. Tout est bloqué depuis le courrier du 27 février de la FIFA demandant la suspension de procédure électorale.

La Fédération internationale, à travers cette intrusion, veut «avoir une vue d'ensemble» et «d'intervenir au besoin pour garantir un déroulement du processus électoral conforme aux exigences statutaires et règlementaires applicables à toutes ses associations membres», peut-on lire dans le courrier adressé au Directeur exécutif de la FIF.

Une intervention de la FIFA diversement interprétée par la planète football au point de s'interroger sur les différents cas de figurent auxquels la Côte d'Ivoire s'attendre maintenant. La FIFA a bien le droit d'intervenir La FIFA a usé du droit que lui confère le droit (code électoral) pour demander l'arrêt de la procédure électorale en cours.

Le point 2 des dispositions final du présent code stipule : «La FIFA a le droit d'intervenir, à tout moment, dans la procédure électorale des instances élues de la Fédération ivoirienne de football, pour en contrôler la conformité et vérifier le respect du présent Code ainsi que des Statuts et Règlements de la FIFA».

C'est d'ailleurs ce que Fatma Samoura, la signataire du courrier a mentionné dans le paragraphe 3 de sa lettre. Mais pour mieux s'offrir cette «vue d'ensemble», la FIFA demande la mise à disposition de plusieurs documents relatifs à l'élection.

Une démarche louable mais qui pourrait paraître partisane. L'instance mondiale a agi en se basant sur des rumeurs (nous avons appris de diverses sources... ) tentant à faire croire que le processus est vicié. Alors qu'une administration rigoureuse se serait prononcée après avoir analysé les fameux documents, la FIFA a mis la charrue avant les bœufs.

Les différents cas de figure. La Côte d'Ivoire est à la croisée des chemins. En même temps, la FIFA dont l'image n'est plus des plus rayonnantes joue, une fois de plus, sa crédibilité. En suspendant le processus, la FIFA est devenue maîtresse du jeu.

Et peut se permettre d'agir, à sa guise, selon son appréciation des documents mis à sa disposition. Le premier cas de figure serait bien la poursuite du processus avec la décision notifiée aux candidats, le 27 août dernier. Dans cette décision, la Commission, aux termes des délibérations, a validé les dossiers de Yacine Idriss Diallo et Sory Diabaté.

En revanche, Didier Drogba s'est vu recalé pour défaut de parrainage. Koffi Kouadio Paul a connu le même sort que l'ancien capitaine des Eléphants.

La FIFA mettrait ainsi fin au débat sur la légalité et la légitimité de la Commission électorale qui a siégé, le 26 août, conformément à ses recommandations contenues dans sa lettre du 21 août adressée au DEX de la FIF.

Le second cas de figure serait que la FIFA s'aligne sur la position de René Diby qui a clamé avoir pris une décision ad'hoc pour préserver la cohésion sociale.

«Je pensais en toute naïveté aller dans le sens d'un apaisement social dans cette période très sensible», a écrit l'ancien ministre des Sports dans un courrier en date du 10 août adressé au président de la FIF.

Un passage qui indique la non-application des textes dans la décision dont se prévaut René Diby. Alors que le point des dispositions finales du Code électoral dit : «Est considérée comme une violation grave d'après les termes de l'art. 13 des Statuts de la FIFA, la non-application des principes du présent code ».

Le troisième cas de figure est la mise en place d'un comité de normalisation. Le point 3 des dispositions finales énonce : «De même, la FIFA peut, selon le cas, suspendre ou annuler la procédure électorale et/ou désigner une administration provisoire au sein de la Fédération ivoirienne de football».

L'instance mondiale peut décider de tout remettre à plat et d'organiser une élection ultérieurement. Simplement en arguant de l'ingérence de tiers.

Il revient de façon récurrente l'intervention de l'actuel ministre des Sports, Paulin Danho, dans le présent processus. Un argument sur lequel la FIFA pourrait s'arcbouter pour justifier l'annulation de l'élection.

Ce qui impacterait négativement l'organisation de la CAN 2023 prévue en Côte d'Ivoire. La FIFA a suspendu le processus électoral en cours à la FIF pour mieux s'enquérir de son bon déroulement.

Et aujourd'hui, le monde sportif et du football attend sa réaction après avoir réceptionné les documents réclamés au DEX de la FIF. Il lui revient d'éviter une crise profonde au football ivoirien.

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