Madagascar: La colère des producteurs de lait

Des centaines de litres de lait déversés dans les rues d'Antsirabe et de Betafo, deux villes situées à près de 200 km au sud de la capitale malgache, Antananarivo. Une action menée ce samedi matin 5 septembre par des éleveurs de vaches laitières et producteurs de lait en colère après la fermeture par l'administration fiscale de l'usine de produits laitiers AAA dans cette région, la semaine dernière.

Ces paysans ne parviennent plus à écouler leurs marchandises. Une usine qui appartient au groupe agroalimentaire de l'ancien président Marc Ravalomanana. Quatre magasins du même groupe et distribuant les produits laitiers de cette usine ont aussi été fermés par la direction générale des impôts ces deux dernières semaines.

« Plus personne n'achète notre lait. Les paysans souffrent », peut-on entendre dans une vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux. Ils étaient une centaine devant la gare d'Antsirabe, en plein centre-ville, et à Betafo, à 20 km de là pour manifester leur ras-le-bol après la fermeture de l'usine AAA.

« On a jeté ces litres de lait pour montrer notre désespoir, explique Claude Karin, collecteur de lait et éleveur. On n'est pas d'accord avec la décision de l'État fermer l'usine qui achète notre marchandise depuis toujours. Aujourd'hui on vend notre lait aux vendeurs de café, aux fabricants de fromages et yaourts artisanaux. Ils achètent le litre à 600 ariary alors qu'on le vendait 1 370 ariary chez Triple A. Je produis 215 litres de lait par jour mais ces petits vendeurs m'achètent au maximum 15 litres. Qu'est-ce que l'on fait du reste ? On ne sait plus quoi faire. On ne peut plus vivre comme ça. »

« Pris en otage »

La région où se situe l'usine est la zone la plus productrice de lait à Madagascar. Les paysans ont déjà peiné pendant le confinement à vendre leur marchandise. Radezy, éleveur de vaches, a vidé un bidon de 15 litres de lait dans les rues de Betafo.

« La fermeture de cette usine, c'est une perte totale de ma source de revenu, déplore-t-il. Pendant le confinement elle avait réduit les quantités achetées et maintenant elle est carrément fermée. Il y a ce problème entre l'usine et l'État mais il faut qu'ils règlent ça de leur côté parce que là tous les producteurs de lait sont pris en otage. On propose à l'État d'autoriser Triple A à continuer de fonctionner ou alors de nous donner une alternative en achetant notre production ou en trouvant d'autres acquéreurs. Ils ne peuvent pas nous laisser comme ça. »

Avant sa fermeture, Triple A transformait environ 10 000 litres de lait par jour et se fournissait auprès de 2000 éleveurs.

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.