Cameroun: Lutte contre les inondations, développement - Les chantiers de l'Extrême-Nord

Lors du débriefing samedi à Maroua, les ministres dépêchés depuis jeudi dernier dans cette partie du pays par le chef de l'Etat, ont fait, chacun dans son domaine, le point de la situation avant de présenter des perspectives prometteuses.

Entretien des infrastructures urbaines

Au cours du débriefing, Célestine Ketcha Courtès, ministre de l'Habitat et du Développement urbain (MINHDU) a indiqué qu'il y a plusieurs actions à mener pour bâtir notre résilience et lutter contre les inondations dues aux changements climatiques, à l'occupation anarchique des drains, à l'exposition de Maroua à une grande quantité d'eau qui arrive, au mauvais entretien des ouvrages d'assainissement existants, à la non-utilisation des documents de planification, etc.. Parlant des travaux en cours instruits par le chef de l'Etat, elle a cité la protection des berges du Mayo-Kaliao, la reconstruction du pont Mizao qui sera achevé en mai 2021, entre autres. Abordant les travaux de court terme, elle a mentionné l'entretien des ouvrages existants par les maires à travers des curages et des réparations des drains. Elle a notamment insisté sur la nécessité d'entretenir les infrastructures urbaines, d'éduquer les populations pour la bonne exploitation de celles-ci, de mettre un point d'honneur à l'usage des documents de planification et de délibérer pour qu'il y ait une sanction derrière tout acte d'insalubrité dans la ville.

De nombreux projets routiers en chantier

A son tour, Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux publics (MINTP) a relevé que les maires devront prioriser les axes routiers et les ponts à entretenir dans leurs communes. Il a évoqué la construction en cours de la route Maroua-Bogo, un chantier qu'il faudra poursuivre jusqu'à Pouss avec des infrastructures socio-économiques qui vont relever le niveau de vie des populations des localités traversées. Après l'achèvement du chantier de réhabilitation en cours de la route bitumée Maroua-Mora où le taux d'avancement général est de 60%, le MINTP a noté l'importance qu'il y a à améliorer ce corridor sous-régional jusqu'à Kousseri, le Génie militaire étant présent sur la section de reconstruction de la section Mora-Dabanga-Kousseri avec trois entreprises qui l'accompagnent. Evoquant les mesures prises pour rétablir la route coupée au niveau de Tchakarmari, il a fait savoir qu'un tapis de moellons va rapidement être posé à cet endroit afin que le trafic reprenne avant la reconstruction proprement dite. Quant au pont Palar qui s'est effondré à Maroua, « il sera rapidement reconstruit une fois que la technologie sera choisie et le coût arrêté ». En attendant, a-t-il poursuivi, un radier sera aménagé et les points critiques sur la voie de contournement traités pour améliorer la circulation et réduire l'intensité du trafic qui passe par le pont Vert.

27 km de digue construite à Maga

Le ministre de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire (MINEPAT), Alamine Ousmane Mey, précisera que des financements sont en train d'être mobilisés pour construire la route Bogo-Pouss. Il a insisté sur le fait que 27 km de digue ont été construites à Maga, raison pour laquelle cette localité n'est pas menacée par les inondations. Et des dispositions sont en train d'être prises pour la reconstruction de la digue à Avakaï dès que le niveau des eaux va baisser, a-t-il ajouté. Au sujet de la digue-route Bogo-Kousseri, le MINEPAT a déclaré que ce projet qui coûtera environ 1000 milliards de F CFA a déjà fait l'objet d'études. Il a ajouté qu'il faut en outre dans cette région construire des marres artificielles et des barrages pour garder les eaux et les utiliser à des fins agricoles.

Appui substantiel à apporter aux communes

Pour sa part, le ministre de la Décentralisation et du Développement local (MINDDEVEL), Georges Elanga Obam, a indiqué que les interpellations dont les maires sont l'objet sont justifiées dans la mesure où les départements ministériels transfèrent des compétences aux communes et ont par conséquent un droit de regard sur les moyens financiers qui leur sont alloués. Les maires doivent faire de l'aménagement et de la planification, et veiller à ce que des constructions ne soient par réalisées sur les zones à risque, a-t-il ajouté. Il a ensuite annoncé qu'il travaille avec le FEICOM pour qu'un appui substantiel soit accordé aux communes de l'Extrême-Nord pour mieux gérer les dégâts causés par les inondations.

Développement de l'élevage

Le ministre de l'Elevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA), le Dr Taïga, s'est appesanti sur le volet qui le concerne dans l'agriculture de seconde génération que le chef de l'Etat appelle de tous ses vœux. Pour un élevage plus rentable, il a évoqué le Projet de développement de l'élevage en cours de mise en œuvre pour moderniser cette activité, la vaccination des petits ruminants contre la peste, le projet de développement de la commercialisation du bétail avec les six à sept marchés modernes de bétail qui seront construits dans cette région, laquelle profitera aussi des 54 milliards de F CFA qui seront injectés dans l'élevage et la pisciculture.

Déroulement satisfaisant de la campagne agricole

Gabriel Mbaïrobe, ministre de l'Agriculture et du Développement rural (MINADER) a marqué sa satisfaction en ce qui concerne le niveau d'avancement des activités agricoles dans l'Extrême-Nord où toutes les cultures ont été plantées. Il a annoncé les mécanismes à mettre en place pour que les agriculteurs développement des cultures maraîchères et des cultures de contresaison : semences, motopompe, etc. On va veiller, a-t-il affirmé, à une gestion plus optimale de l'eau pour une plus grande production du riz, du mil et des produits maraîchers. En soutien à la culture du riz, il a révélé que la SEMRY a été équipée pour décortiquer plus de riz paddy pour un traitement annuel de plus de 80 mille tonnes. L'entreprise recevra par ailleurs une dotation de six tracteurs qui lui permettront d'accroître sa capacité de labour afin de pouvoir exploiter les dix mille hectares de terre dont elle dispose. Un fonds de développement des céréales et des légumineuses va être inscrit dans le budget 2021.

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