Ethiopie: Election dans l'État régional du Tigré, contestée par les autorités fédérales

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C'est un jour d'élections en Ethiopie ce mercredi, mais uniquement dans la région du Tigré, dans le nord du pays, à la frontière avec l'Erythrée. Le gouvernement régional, en conflit ouvert avec les autorités fédérales du Premier ministre Abiy Ahmed, a décidé de tenir un scrutin législatif envers et contre tout, jugeant que le report officiel de l'élection au niveau national pour cause de Covid-19 n'était qu'un « prétexte » du chef du gouvernement pour se maintenir au pouvoir.

Le Tigré entre ce mercredi dans l'inconnu. Depuis des mois, les autorités fédérales, que ce soit le Premier ministre Abiy Ahmed en personne ou bien la commission électorale nationale, exigent que le scrutin du 9 septembre ne se tienne pas. Ils dénoncent une opération « inconstitutionnelle » et menacent de « punir » le gouvernement régional de la province rebelle.

Et pourtant, à Mekele et dans les campagnes tigréennes, on votera bel et bien ce mercredi. Une poignée de partis politiques sont en lice pour élire leurs députés. Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui a gouverné l'Ethiopie de la chute de Mengistu à l'arrivée au pouvoir d'Abiy Ahmed en 2018. Et deux partis nationalistes, qui seront observés attentivement, puisqu'ils ont des positions plus radicales que le TPLF sur la question d'une possible indépendance du Tigré.

La réplique d'Addis-Abeba devrait être une non-reconnaissance de ces élections et sans doute le blocage des subventions fédérales au Tigré, ce qui représente la moitié du budget de la province. Abiy Ahmed a dit récemment qu'une intervention militaire pour empêcher le scrutin serait une « folie », un avis que ne partagent pas, dit-on, certains hauts gradés de l'armée fédérale.

Plus de: RFI

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