Centrafrique: Les évêques dénoncent les exactions des groupes armés

Dans une lettre publiée le 7 septembre, les évêques centrafricains ont vivement dénoncé des crimes de sang sur des innocents et des exactions multiformes, à l'approche des élections.

« Alors que l'élections présidentielles est prévue en décembre, les milices armées oppriment la population par des exactions multiformes », dénoncent les évêques.

« Nous constatons avec amertume que 70% voire 80% de notre pays est encore occupé par des groupes armés dont certains des plus farouches leaders sont des mercenaires. Ils sont impliqués dans des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité, des crimes environnementaux et des pillages à grande échelle de nos ressources minières », écrivent les auteurs de la lettre.

Alors qu'un accord de paix a été signé entre le gouvernement et quatorze groupes armés en février 2019, les évêques regrettent que cet engagement n'ait pas permis de ramener la sécurité dans une grande partie du territoire.

« Les seigneurs de guerre tirent profit de l'Accord politique pour la paix et la Réconciliation en République centrafricaine. Ils jouissent en conséquence de tous les privilèges, en particulier la pleine liberté de mouvement et l'impunité malgré la poursuite discontinue des exactions sur le terrain », soulignent encore les responsables religieux.

Dans un entretien publié en juillet 2019, le père Séverin Ngoumbango, centrafricain et neveu du père Célestin mort en 2018 sous les balles des rebelles, soulignait déjà que : « Le pays est tenu à 80% par des rebelles. Ce sont eux qui tiennent lieu d'administration, de police, de tribunal. Ils lèvent les impôts aussi, je peux vous garantir que l'argent qu'ils récoltent ne va ni aux hôpitaux, ni aux écoles ».

À quatre mois des élections, les évêques ont également tenu à mettre en avant des signes d'espérance.

« Après le coup de force de mars 2013, notre pays s'est doté d'institutions démocratiques en mars 2016. Par le vote et les élections, le peuple s'est donné une nouvelle constitution et des autorités légitimes », explique-t-ils, précisant que « Nous nous réjouissons de l'autorité de l'État qui se déploie à l'intérieur du pays en dépit des résistances observées dans certaines localités. La condamnation de certains bourreaux lors de la session criminelle indique que nous pouvons faire confiance en notre système judiciaire ».

La République centrafricaine est toujours en proie aux exactions des milices depuis qu'une coalition de groupes armés a renversé le régime du président François Bozizé en 2013.

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