Congo-Kinshasa: La SCPT menacée d'asphyxie

10 Septembre 2020

Victime de la mégestion de son Directeur général, Patrick Umba, placé sous mandat d'arrêt provisoire par le Parquet général près la Cour d'Appel de Matete et expédié à la Prison Centrale de Makala depuis le mardi 08 septembre 2020, la SCPT n'est pas au bout de ses peines.

Deux mémorandums émanant de l'Intersyndicale de la SCPT (Société Congolaise des Postes et Télécommunications), et qui trainent sur la table du Premier ministre depuis plusieurs mois, font état des empiétements de deux entreprises publiques, à savoir la SNEL (Société Nationale d'Electricité) et la SOCOF (Société Congolaise de Fibre) sur son objet social. Il s'agit, plus précisément, de leur intrusion dans le volet lié à la commercialisation de la fibre optique.

Selon les syndicalistes des postes et télécommunications, les travaux dits de réhabilitation, par la Snel, de ses lignes haute et très haute tensions, du barrage hydroélectrique d'Inga, au Kongo Central, à Kasumbalesa, dans la province du Haut-Katanga, présentent une telle proximité avec le tracé de la fibre optique qu'ils sont portés à croire à un agenda caché. Cela leur fait penser aux velléités de cette entreprise publique de s'improviser « marchande » des produits des télécommunications.

Même si le Directeur général de la Snel, dans une correspondance adressée au chef du gouvernement, dément une quelconque intention de sa société de faire main basse sur la fibre optique, son intention étant plutôt de proposer un partenariat à la SCPT pour la gestion de cette ligne des télécommunications, cadres et agents de cette société ne le croient pas. Bien qu'il ait signalé, dans la même lettre, que la Snel a reçu, de la Banque Mondiale, des financements de plus de 50 millions de dollars pour l'acquisition et l'installation de la fibre optique ; et de plus de 11 millions de dollars américains pour les équipements, le scepticisme reste de mise. D'où leur saisine du Premier ministre pour la clarification de la situation.

Quant à la Socof, elle est accusée d'être occupée à construire une ligne parallèle de la fibre optique, de Moanda à Kinshasa, avec l'intention bien arrêtée de la commercialiser, sans la participation de la SCPT. Pourtant, indique-t-on, un financement de plus de 92 millions d'Euros de la Banque Mondiale débloqués en 2015, était destinés à l'aménagement de la ligne de la fibre optique, de Moanda à Kasumbalesa, au profit de la SCPT, dans le cadre du projet CAB 5 (Central African Cable) visant l'intégration régionale en matière de télécommunications.

La crainte des syndicalistes de cette société est de voir Socof se lancer dans la commercialisation de la fibre optique, au détriment de leur société, avec la complicité active ou passive du gouvernement. D'où l'alerte lancée en direction de la Primature pour ne pas hypothéquer l'existence de la SCPT et des milliers d'emplois.

Plus de: Le Phare

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