Sénégal: Risques de catastrophe - l'ARC mise sur la recherche et l'innovation

Dakar — L'African Risk Capacity (ARC), la Mutuelle panafricaine de gestion des risques lancée en 2012, compte sur la recherche et l'innovation technologique pour amener ses pays membres à davantage anticiper les risques de catastrophes tels que les inondations, en vue de ne pas hypothéquer la mise en œuvre des politiques de développement.

L'ARC, plus que par le passé, ambitionne de "mettre la recherche et l'innovation à la disposition de nos Etats'" africains pour anticiper les risques de catastrophe et renforcer les capacités de ses 34 pays membres à leur faire face, a déclaré son nouveau directeur général, le Sénégalais Ibrahima Cheikh Diong.

Dans cette optique, l'ambition de l'ARC est d'aider ses pays membres à avoir "une bonne visibilité de leur niveau de risque", en partant des moyens scientifiques et de l'innovation technologique, en vue d'anticiper sur d'éventuelles catastrophes, car "gérer c'est anticiper", a répété M. Diong, qui a pris ses fonctions le 1er septembre dernier.

Aussi la Mutuelle panafricaine de gestion des risques compte-t-elle concentrer son action sur la planification, la préparation et la réponse aux catastrophes à travers notamment un renforcement de capacités de ses membres.

Selon lui, les services des Etats membres seront d'autant plus préparés à la gestion des catastrophes, une fois qu'elles surviendraient, pour une éviter toute "cacophonie" et arriver à "une belle coordination" et un "plan d'actions extrêmement clair" et partagé.

Cheikh Diong a également insisté sur la nécessité d'apporter des réponses adaptées à la situation des populations victimes de catastrophes, même si le niveau de risque n'est pas le même d'un pays membre à un autre.

Cela a amené l'ARC à se doter d'un service suivi-évaluation performant pour une meilleure visibilité de l'impact des réponses apportées aux populations touchées par des sinistres.

Parlant de la problématique des inondations, phénomène qui touche actuellement plusieurs de ses pays membres dont le Sénégal, il a laissé entendre que l'Etat doit pouvoir anticiper la survenue de tels phénomènes.

D'où l'importance de mieux surveiller le rythme et le niveau des barrages, fleuves et cours d'eau à travers l'Afrique.

La Mutuelle panafricaine de gestion des risques va davantage mettre le focus sur l'innovation, le renforcement de ses actions en termes notamment de capacitation de ses membres tout en travaillant à s'étendre encore aux autres pays du continent, a indiqué son nouveau DG.

A terme, Ibrahima Cheikh Diong veut contribuer à améliorer la gestion de cette institution "pour la mettre au service des pays membres", étant entendu que si le partenariat est une donnée importante pour l'ARC, le continent africain assure "un leadership extrêmement important" au sein de cette mutuelle.

Avec l'aide du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de la Suède, de la Suisse, du Canada, de la France, de la Fondation Rockefeller et des Etats-Unis, l'ARC aide les Etats membres de l'Union africaine à réduire les risques de pertes et de dommages causés par les événements météorologiques extrêmes affectant les populations africaines en apportant, à travers une assurance souveraine des risques de catastrophe, des réponses ciblées aux catastrophes naturelles de manière plus opportune, économique, objective et transparente.

La Mutuelle panafricaine de gestion des risques est composée de l'Institution de l'ARC et de la Société d'assurance de l'ARC (ARC Ltd).

L'Institution de l'ARC a été créée en 2012 en tant qu'institution spécialisée de l'Union africaine pour aider les Etats membres à mieux planifier, préparer et répondre aux catastrophes météorologiques.

L'ARC Ltd est une mutuelle d'assurance offrant des services de transfert de risques aux Etats membres, à travers la mutualisation des risques et l'accès aux marchés de la réassurance.

Son nouveau directeur général a été élu à l'unanimité des membres de la conférence des parties de l'ARC en juin 2020, en remplacement du Guinéen Mohamed Béavogui.

M. Diong, ingénieur civil de formation, va occuper le poste de directeur général de l'ARC en qualité de sous-secrétaire général des Nations unies, pour un mandat de quatre ans.

Il compte "à son actif un mélange unique d'expertises transversales" englobant plusieurs domaines, dont les services bancaires, l'investissement, le développement du secteur privé, le développement de l'infrastructure, la mobilisation des ressources, le développement de partenariats, la conception de partenariats public-privé, la gestion des fusions et acquisitions, la politique environnementale, l'évaluation d'impact et la gestion des ressources en eau.

Le nouveau DG de l'ARC est titulaire d'un master en affaires internationales, avec une spécialisation en finance internationale et gestion de la politique environnementale de la School of International and Public Affairs de l'Université de Columbia, à New York.

Il a obtenu un baccalauréat en génie civil, avec une spécialisation en gestion des ressources en eau, de l'Université internationale de Hohai, à Nanjing, en Chine, parmi d'autres diplômes professionnels et compétences reconnus par l'industrie.

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