Guinée: Présidentielle guinéenne - L'opposition déroule le tapis rouge à Alpha Condé

Le coordinateur national du FNDC, Abdourahmane Sano, lit la déclaration portant sur l'exclusion des partis qui ont choisi de participer à l'élection présidentielle.

Ce n'est pas tous les jours qu'un parti ou un regroupement politique défenestre son leader. C'est pourtant ce qui est arrivé en Guinée, où le Front national pour la défense de la démocratie (FNDC) a procédé à la mise à l'écart de Cellou Dalein Diallo.

Cette décision fait suite au dépôt par le président de l'UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée) de sa candidature à la présidentielle du 18 octobre prochain.

« De cette décision découle naturellement leur retrait volontaire du mouvement », déclare ainsi le coordonnateur national du FNDC, Abdramane Sano.

Première secousse donc d'envergure dans l'opposition politique dont les répliques vont sans doute se ressentir au sein des partis pris individuellement.

Les adversaires du président Condé étaient, il est vrai, divisés sur la conduite à tenir après la décision du locataire du palais de Sékoutoureya de négocier un 3e bail en vertu de la révision constitutionnelle qui le lui permettrait.

Fallait-il, à l'image de Sidya Touré de l'Union des forces républicaines (UFR), de Lansana Kouyaté du Parti de l'espoir pour le développement national (PEDN), de Faya Millimono (Bloc libéral) et d'Alioun Bâ du Mouvement démocratique libéral (MODEL), pratiquer la politique de la chaise vide pour laisser le professeur boire jusqu'à la lie la coupe de la forfaiture ou, au contraire, y aller, comme l'a fait Cellou Dalein Diallo, au risque de servir de faire-valoir et de légitimer du même coup un processus électoral fondamentalement vicié et un scrutin dont le résultat est connu d'avance ?

Le tripatouilleur de Sékoutoureya pourrait-il se permettre de perdre après avoir fourgué aux Guinéens une constitution dont la version finale n'était pas la même que celle pour laquelle ils ont été convoqués pour le référendum constitutionnel ?

On ne voit pas en effet comment il pourrait enjamber tous ces morts tombés en voulant protester contre son 3e mandat pour s'arrêter en si bon chemin.

Voilà donc le choix cornélien s'il en est qui s'est posé aux opposants, qui n'ont pas la même grille de lecture de la question.

Avaient-ils pour autant arrêté la position commune de boycotter que Dalein aurait donc trahie en se mettant sur la ligne de départ avec 11 autres prétendants dont les candidatures ont été dûment validées par le Conseil constitutionnel ?

En tous cas, depuis hier, avec la publication des 12 candidatures sur 13, les dés sont jetés et pourraient même avoir été pipés.

Et il faut espérer pour Cellou Dalein Diallo qu'à défaut de gagner, il ne fera pas piètre figure. Car si tel devait être le cas pour cette 3e tentative, ça sonnerait du même coup une retraite politique plutôt précoce pour quelqu'un de son âge.

En attendant, ces divisions et mouvements d'humeur qui traversent les rangs de ses adversaires ne sont que pain béni pour Alpha Condé.

En allant en rangs dispersés, ces prétendants à la magistrature suprême jouent plutôt le rôle d'accompagnateur du vieil homme qui ne veut pas jusque-là du statut d'ancien président.

Plus de: L'Observateur Paalga

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