Burkina Faso: Accord politique de l'opposition - « C'est la panique à bord au sein de la majorité »selon le CFOP

9 Septembre 2020

L'Opposition politique a repris, après un mois de suspension, ses traditionnelles conférences de presse, le 8 septembre 2020. Au menu des échanges avec les Hommes de médias, l'accroissement du nombre de personnes déplacées internes à cause de la situation sécuritaire, les inondations, l'audit du fichier électoral, la signature de l'accord politique de l'opposition et l'utilisation des biens publics à des fins électoralistes par le médiateur du Faso.

Le nombre de personnes déplacées internes, les inondations enregistrées ces derniers temps, l'audit du fichier électoral, l'accord politique de l'opposition et l'utilisation des biens publics à des fins électoralistes par le médiateur du Faso, ont fait l'objet d'une conférence de presse animée par l'opposition politique, le 8 septembre dernier, au siège du Chef de file de l'opposition politique (CFOP) à Ouagadougou.

Pour le CFOP, la signature de l'accord politique de l'opposition rend inévitable un 2e tour à l'élection présidentielle du 22 novembre prochain. « Depuis la signature de l'accord politique, c'est la panique à bord au sein de la majorité présidentielle.

On assiste à des créations pêle-mêle de portillons et de mouvements équilibristes sans ancrage politique », a laissé entendre Amadou Diemdioda Dicko, l'un des animateurs de la conférence de presse par ailleurs vice-président de l'Union pour le progrès et le changement (UPC).

L'opposition accuse le médiateur du Faso, Saran Sérémé, d'utiliser les biens de l'institution pour battre campagne au profit de son parti politique, le Parti pour le développement et le changement (PDC) et le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, candidat à sa propre succession.

« Saran Sérémé utilise les biens publics du Médiateur du Faso dont elle est la première responsable pour battre campagne à l'occasion de ses missions officielles.

Elle a été aperçue et filmée en train de distribuer des enveloppes d'argent et des gadgets de son parti politique dénommé PDC à des habitants de Tougan, tout en les encourageant à voter le président sortant à l'élection présidentielle de novembre prochain », a déploré Amadou Diemdioda Dicko.

Après avoir condamné ces actes qui, selon lui, portent un coup à la réputation de l'institution « Médiateur du Faso » qui, en principe, doit rester une institution impartiale et neutre, il a invité l'Autorité supérieure de contrôle d'Etat et de lutte contre la corruption (ASCE/ LC) et la justice à ouvrir l'œil et le bon afin que les moyens de l'Etat ne soient pas utilisés pour la propagande politique du PDC ou à des fins personnelles. En plus de la question du médiateur du Faso, celle de l'audit du fichier électoral a été abordée par les conférenciers du jour.

Vers l'audit du fichier électoral

A en croire le vice-président de l'UPC, les membres du dialogue politique, à savoir la majorité présidentielle et l'opposition, ont instruit la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de proposer un projet de termes de références pour l'audit du fichier électoral.

Ce projet sera discuté et adopté, a-t-il précisé, par le comité de suivi du dialogue politique avant le choix de l'opérateur. Les inondations provoquées par les pluies ces derniers jours, ont également retenu l'attention de l'opposition.

Sur ce chapitre, elle invite le ministère en charge de l'habitat à se doter d'une bonne politique d'urbanisation pour permettre une meilleure évacuation des eaux de pluie. Quant aux populations, l'opposition les a invitées à adopter des comportements plus responsables pour éviter les inondations.

A la question de savoir pourquoi l'opposition observe une certaine passivité vis-à-vis du régime de Roch Kaboré, Carlos Toé, président du Mouvement pour le changement et la renaissance (MCR), a indiqué que l'Opposition ne descendra dans la rue que lorsque ça va être nécessaire.

« Elle ne va pas, à chaque occasion, descendre dans la rue. On va déstabiliser le régime et si on déstabilise le régime, ça va créer plus de problèmes parce que ça va fragiliser nos institutions qui n'arrivent d'ailleurs pas à répondre à ce pourquoi elles ont été créées », a-t-il conclu.

Plus de: Le Pays

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