Cote d'Ivoire: Pr N'guessan Kouamé - « L'image de l'Ens est ternie, l'école sombre dans la léthargie »

L'Ecole normale supérieure va mal, très mal même et son image est fortement ternie. L'établissement est plongé dans une léthargie, l'Ens est en train de sombrer depuis la venue de Sidibé Valy à la tête de cette institution.

La formation est au rabais et les années académiques sont validées sans examens pédagogiques sur le seul vouloir du directeur général », tel est, en un mot, le cri du cœur du Pr N'guessan Kouamé, secrétaire général du bureau national de la Coordination nationale des enseignants du supérieur et chercheur (CNEC), pour dénoncer ce qui se passe dans cette institution de formation des enseignants des lycées et collèges et personnels des établissements secondaires.

C'était au cours d'une conférence de presse tenue, hier, à l'Ens. Selon le Pr N'guessan, par ailleurs enseignant dans ledit établissement, les problèmes soulevés par la Fesci sont réels, mais à côté de ceux-ci, l'établissement est frappé par des problèmes de gouvernance qui ternissent la renommée de cette Ecole, et mettent à mal la formation qui y est dispensée.

« Nous disons à la Fesci, c'est bien de dénoncer ce qui touche aux étudiants, mais il ne faut pas empêcher les enseignants de travailler » martèle le conférencier.

Avant de révéler ce qui suit, « 18.000 Francs exigés aux élèves pour l'organisation de fête de fin d'année et le payement de la tenue à 60.000 Francs uniquement chez un particulier désigné par la Direction de l'Ecole ».

Au niveau pédagogique, il n'a pas manqué de s'insurger contre les décisions jugées unilatérales du directeur Valy Sidibé. « Durant l'année scolaire 2019-2018, l'enseignement a été bloqué mais le directeur a attribué des notes aux étudiants.

Pour l'année 2019-2020, il n'y a pas eu d'examens pédagogiques et les candidats ont tous été déclarés admis.

Au niveau pédagogique, rien ne marche, les cours ne sont jamais achevés, seul le directeur décide de l'arrêt des cours, sur les 4 enseignements que nous dispensons aux étudiants, seul un seul se fait » décrie-t-il et d'ajouter, autre problème qui touche les enseignants qui, depuis, reste sans solution, la question des arriérés

« Nos arriérés de correction et de micro enseignement ne sont pas payés depuis 2017 et sont bloqués parce que le directeur refuse de les payer ».

Et le Secrétaire général de la Cnec de trancher pour dire : « Nous pensons que le directeur a atteint ses limites et d'ailleurs il doit faire valoir ses droits à la retraite, il ne peut plus rien apporter à l'Ens ».

Non sans oublier de dénoncer le passage au Cames des enseignants bloqué par le directeur de l'établissement. Et de lancer ceci « Quand on est à un tel poste de responsabilité, il faut travailler pour le pays et non pour soi-même, nous formons les formateurs, il faut former correctement ».

Pour lui, la solution à la mauvaise gouvernance des universités et grandes écoles de formation, c'est la mise en œuvre du projet de loi sur l'enseignement supérieur qui, depuis lors, est sur la table du ministre de l'Enseignement supérieur et qui demande des appels à candidatures pour tirer les meilleurs managers des Instituts de formation.

Après plusieurs tentatives de joindre le service de communication de l'ENS, nos appels sont restés sans suite.

Plus de: Le Nouveau Réveil

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