Tunisie: Intigo - La startup de Taxis Scooters met le cap sur l'international

Tunis/Tunisie — - L'ouverture d'une filiale de la startup tunisienne de Taxis Scooters « Intigo » à l'étranger et une éventuelle introduction en bourse à moyen et long termes, sont parmi les options envisagées pour assurer l'essor de la jeune startup tunisienne, a déclaré son fondateur Bassem Bouguerra .

« L'ouverture d'une filiale à l'étranger est, actuellement, en phase d'étude de marché, on cherche à identifier une destination possédant un cadre juridique souple et où une telle activité n'existe pas », a indiqué Bouguerra.

Dans un entretien accordé, à l'Agence TAP, le jeune dirigeant a ajouté que le Maroc figure en tête de liste des éventuelles destinations, mais la startup devra tout d'abord démontrer ses capacités sur le marché tunisien en assurant entre 1500 et 2000 courses par jour.

« Nous avons été déjà contactés par deux investisseurs institutionnels étrangers, pour concrétiser ce projet, mais nous avons demandé plus de temps afin de développer nos différentes activités en Tunisie », a-t-il encore précisé, annonçant la relance des négociations avec les mêmes investisseurs au cours du mois de décembre 2020.

S'agissant d'une éventuelle introduction en bourse, le fondateur d'Intigo a fait savoir que cette idée a germé suite à des demandes exprimées par plusieurs petits porteurs, mais elle restera une option pour les moyen et long termes, après l'augmentation du chiffre d'affaires de la startup.

 Intigo, les débuts dans le monde des startups

Evoquant son parcours dans le monde « très valorisant » des startups, Bouguerra a indiqué qu'avant de faire partie de l'équipe du Fonds Intilaq, il a créé sa première startup « Tunpixel », spécialisée dans le développement de logiciels pour les drones et puis la plateforme de recrutement « Jobi.tn ».

«A Intigo, j'ai commencé, à partir de novembre 2019, avec 50 scooters couvrant la région du Grand Tunis », a souligné le jeune dirigeant, évoquant une véritable explosion de la demande qui a largement dépassé l'offre présentée par sa société.

«A titre d'exemple, au cours des mois de février et mars 2020, on a reçu via notre application, 160 mille demandes de courses alors que nous n'avons pu assurer que 16 mille, soit 10% ».

Pour le jeune dirigeant, cet engouement bouscule l'idée répandue disant que le Tunisien n'aime pas utiliser le taxi-moto. Idem pour la question de la réticence des femmes à prendre le taxi scooter, aujourd'hui plus de 30% de notre clientèle sont des filles et des femmes parmi lesquelles certaines sont âgées de plus de 60 ans, selon Bassem Bouguerra.

Le confinement, une opportunité pour Intigo qui s'est positionnée sur de nouveaux créneaux

Au cours de la période du confinement sanitaire général, on avait le choix soit d'arrêter notre activité ou de s'adapter à la nouvelle donne. On a décidé de transformer notre service de transport de personnes en se lançant dans la conciergerie (charger un capitaine de scooters de faire les courses du client).

Ce service a bien marché, donc on a ajouté le service de livraison à partir des commerçants de légumes et fruits, les épiceries... , mais on a constaté que les clients ne sont pas vraiment satisfaits pour ce qui est des frais car chaque commande est tarifée.

Là, on a eu l'idée de lancer notre marketplace (centre commercial digital) « Intishop » pour diversifier notre offre (pâtisseries, épiceries, électroménager... ) d'une part, et réduire les coûts de livraison pour les clients, d'autre part.

Agrandir le réseau et diversifier l'offre d'Intigo

Actuellement, Intigo qui fournit 100 emplois directs, dispose de 70 scooters, a affirmé son fondateur, ajoutant que la société désireuse d'agrandir son réseau, a lancé un appel aux jeunes chômeurs ne disposant pas de financements et voulant rejoindre son équipe.

«Un accord avec « Zitouna Tamkeen » a été signé, en juillet 2020, pour permettre à ces jeunes de s'approprier leurs propres scooters moyennant un microfinancement et un contrat de partenariat est en cours de finalisation avec une autre institution de microcrédits », a-t-il indiqué, ajoutant que le jeune peut obtenir le microcrédit pour entamer le travail avec Intigo qui se porte garant auprès de ces institutions de microfinance.

La société a, également, décidé d'accorder des franchises pour atteindre, au moins 700 motos et favoriser la création de 800 postes d'emploi, d'ici la fin de 2021.

«A ce jour, nous avons reçu des demandes des gouvernorats de Sousse, Kairouan et Sfax», a souligné Bouguerra, annonçant que les conditions des contrats de franchises sont en cours de négociations et seront opérationnels avant la fin de 2020.

Autre service qui sera assuré par Intigo, le transport des élèves. Pour ce faire, la société a établi un partenariat avec une société de location de voiture pour louer 10 véhicules qui travailleront par trajet (les parents des élèves qui fréquentent des établissements scolaires sur le même chemin partagent les frais de la course).

En dehors des horaires d'entrée et de sortie des écoles, ces voitures assurent le transport des personnes, a ajouté le patron d'Intigo. Et d'ajouter : « nous sommes en train d'étudier la possibilité d'élargir la liste de nos partenaires pour agrandir le parc en fonction de la demande.

Transport écolo, absence d'avantages financiers et fiscaux

S'agissant de l'impact environnemental de ses taxis scooters, Bouguerra a fait savoir qu'il a soumis au ministère de l'Environnement un projet de transport moyennant des scooters électriques, sans recevoir de « feedback concret ».

«Le problème se pose au niveau du prix élevé des scooters électriques, outre l'installation des bornes de recharge dans plusieurs zones pour permettre la recharge des motos entre les courses », souligne le jeune dirigeant qui déplore l'absence d'avantages financiers et fiscaux pouvant favoriser le développement du transport écolo.

Généralement pour le secteur du transport en Tunisie, le problème n'est pas le manque d'idées, c'est plutôt le cadre juridique rigide et dépassé, résume Bouguerra qui rappelle que ce mode de transport alternatif existe déjà en Algérie, en Egypte et même en Afrique.

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