Mali: Le pays en conclave sur l'après coup d'Etat

Bamako capitale du Mali
10 Septembre 2020

Les concertations sur la transition au Mali ont démarré sur une note de tension qui en dit long sur les attentes du peuple. Les travaux durent 72 heures.

Au Mali, les concertations nationales sur la transitionont débuté ce jeudi matin (10.09.2020) au Centre international des conférences de Bamako. Durant 72 heures, les quelques 500 délégués venus de tout le pays à l'exception de Kidal, tenteront de valider la feuille de route et la charte de la transition proposée par les membres du comité scientifique.

Première journée mouvementée

En effet, les soutiens du Comité national pour le salut du peuple ont envahi, dès les premières heures de la matinée, l'extérieur du Centre international des conférences de Bamako.

"Je veux que les militaires restent au pouvoir. Il faut qu'on leur donne leur chance aussi afin qu'ils nous montrent qu'ils peuvent gérer ce pays", clame Dramane Coulibaly, vice-président de l'Association des jeunes du camp militaire de Kati, ville garnison située à 15 kilomètres de Bamako et d'où est parti le coup d'Etat.

Mais Diawara Zeinab Sidibé est d'un avis différent. Membre de la Coalition des mouvements associations et soutiens de l'imam Mahmoud Dicko, elle aimerait bien voir "un civil à la tête de la transition. Mais que ce soit une transition mixte (civils et militaires)" .

A l'entrée du centre de conférences, une longue file se forme. Les forces de maintien de l'ordre sont vite débordées. Celles-ci feront usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

"Moi-même j'ai été gazé à la porte là-bas. J'étais avec quelques amis, on voulait accéder à la cour du CICB, ils nous ont gazés", témoigne Mamadou Tidiane Ly, militant du mouvement du 5 juin.

Selon la police, des militants du M5-RFP ont tenté de forcer les barrières et les portiques de sécurité placés à l'entrée pour accéder à cour.

Rare prise de parole du colonel Assimi Goïta

Peu de temps après, la pluie entre en scène. Et presqu'au même moment, Assimi Goïta, président du CNSP fait son discours d'ouverture des concertations nationales sur la transition.

"Nous sommes à un tournant décisif de notre histoire. Nous devons laisser nos différends de côté et saisir cette opportunité pour poser les jalons d'un Mali refondé sur le travail, la justice sociale, un Mali paisible où il fait bon vivre. Nous sommes condamnés à réussir", a-t-il affirmé.

Dans l'ambiance bruyante des couloirs du centre de conférences, Barry Aminata Touré, la secrétaire générale du Conseil national de la société civile exige que les femmes soient désormais au cœur des politiques de développement du Mali.

"Les politiciens, ils se donnent la main mais les femmes sont toujours à côté. Au niveau de la société civile, c'est toujours les hommes qu'on met devant. C'est partout pareil. La construction du Mali ne se fera jamais avec une partie de la population. La construction du Mali se fera avec toutes les couches sociales", déclare-t-elle, très engagée.

Gouvernance, sécurité, justice, éducation : des questions qui reviennent très souvent dans les discussions au cours des travaux de groupe de ces concertations nationales qui s'achèvent samedi (12.09.2020).

Plus de: DW

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