Tunisie: Environnement | Des insectes envahissent plusieurs villes du Cap Bon

11 Septembre 2020

Un phénomène assez inhabituel a été observé ces derniers jours dans plusieurs villes du Cap Bon : de petits insectes, souvent bruns ou noirs, se sont multipliés partout dans les rues des villes, comme Tazarka, Korba, Maamoura, Haouaria... qui ont été touchées par cette invasion. Quelles sont ces petites bêtes qui envahissent nos villes ?

Face au silence incompréhensible des autorités compétentes, qui nous ont laissés sans visibilité, les habitants du Cap Bon ont lancé, depuis quelques jours, un cri d'alarme sur les réseaux sociaux, évoquant une invasion d'insectes qui portent souvent des couleurs brunes ou noires dans plusieurs villes.

Depuis quatre jours ou plus, le bruit court sur Facebook pour parler de ces insectes qui ont envahi nos rues. Des photos et des vidéos publiées par les habitants ont montré des villes, comme Haouaria, Somaa, Tazarka, Maâmoura, Korba, Menzel Temime... prises d'assaut par ces insectes.

Un insecte inoffensif

Il s'agit de "Geotrupes stercorarius", qui est une grande espèce d'insectes de coléoptères de la famille des Geotrupidae, explique Anis Kacem, président de l'Association de l'environnement de Tazarka, ajoutant que ces insectes ne causent aucun dommage. «Même s'ils constituent une source de nuisance, les géotrupes sont inoffensifs. Ils ne constituent aucun danger pour la santé de l'homme et ne causent aucun dégât au niveau des cultures agricoles», souligne-t-il.

M. Kacem affirme, également, que la majorité des géotrupes sont de couleur uniforme, souvent brune ou noire, et peuvent mesurer jusqu'à 9 centimètres. Ils passent une bonne partie de leur vie dans des tunnels dans le sol et se rassemblent aussi dans des galeries souterraines contenant des excréments qui serviront de nourriture à leurs larves. «Les géotrupes contribuent au micro-drainage et à l'aération des sols, mais surtout à leur enrichissement. Ces insectes, très répandus, jouent aussi un rôle important dans les écosystèmes en recyclant des excréments de mammifères», précise-t-il.

Mais comment expliquer leur recrudescence ?

M. Kacem indique que les géotrupes volent très bien, souvent au crépuscule, grâce à des ailes membraneuses sous les élytres, ce qui explique leur apparition tous les soirs dans nos rues. Mais cette prolifération des géotrupes s'explique aussi par des «conditions climatiques tout à fait exceptionnelles». «Les précipitations de ces derniers jours et la hausse des températures favorisent aussi l'apparition des géotrupes. Donc, d'une manière générale, le climat joue un rôle crucial dans les fluctuations annuelles d'espèces», explique-t-il.

M. Kacem affirme, également, que les habitants ont eu la désagréable surprise de voir ces insectes s'agglutiner en grand nombre en formant une masse impressionnante dans les rues, notamment près d'une source de lumière. Mais il ne faut pas se tromper car ce phénomène ne va pas perdurer. «Malgré un état de panique assez évident, la municipalité n'a pas l'intention de bouger pour prendre les mesures nécessaires et fournir l'aide attendue afin de mettre un terme à ce phénomène étrange. A vrai dire, c'est la première fois que je vois cette quantité énorme, très embarrassante et déroutante des géotrupes. Mais il ne faut pas se tromper, car comme c'est déjà expliqué, ces insectes ne sont pas dangereux pour l'homme et pour l'agriculture», souligne-t-il.

Plus de: La Presse

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