Afrique: Le Sondage d'opinion mondial 2020 de la CSI révèle le besoin urgent de restaurer le contrat social

11 Septembre 2020
communiqué de presse

Bruxelles — BRUXELLES, 11 September 2020 / PRN Africa / -- Le sondage révèle que les travailleurs subissent une baisse mondiale des salaires : trois quarts des personnes interrogées (75 %) indiquent en effet que leurs revenus ont stagné ou diminué.

« Les effets économiques de la COVID-19 viennent s'ajouter une crise déjà présente où de piètres salaires côtoient des emplois précaires. Une personne sur deux ne dispose d'aucune réserve financière, n'a pas la possibilité d'épargner en cas de difficultés à venir et compte sur chaque salaire pour survivre. Alors que le coronavirus se propageait, ne disposant d'aucune économie ni d'aucun filet de sécurité, des millions de personnes n'ont eu d'autre choix que de travailler ou de mourir de faim », a déclaré Sharan Burrow, Secrétaire générale de la CSI.

Le sondage, que la CSI a commandé à la société internationale d'études de marché YouGov, a été réalisé dans 16 pays du monde représentant 56 % de la population mondiale.

Mené avant la pandémie de COVID-19, le Sondage d'opinion mondial 2020 de la CSI dresse le constat saisissant d'un monde précaire où règne une anxiété relative à l'emploi et une méfiance à l'égard des gouvernements, tout en révélant que la majeure partie de la population réclame clairement des changements.

Les résultats de l'enquête - menée en février et en mars en Afrique du Sud, en Allemagne, en Argentine, en Belgique, au Brésil, en Bulgarie, au Canada, au Chili, en Chine, en Corée du Sud, aux États-Unis, en France, en Inde, au Japon, au Royaume-Uni et en Russie - mettent en garde et indiquent aux gouvernements qu'ils doivent collaborer avec les syndicats et la société civile pour garantir des plans de relance qui restaurent la confiance et encouragent la résilience.

Plus de deux tiers des personnes interrogées (69 %) se disent préoccupées par le changement climatique, l'inégalité croissante et l'utilisation abusive de leurs données personnelles en ligne, ainsi que par les licenciements (67 %). Ces angoisses surviennent à une époque où, au début de 2020, une personne sur deux (52 %) estime que la situation économique de son pays est mauvaise.

Les citoyens se sentent également impuissants : dans les pays où le sondage a été effectué, deux personnes sur trois (66 %) indiquent en effet que les personnes comme elles n'ont que peu d'influence sur l'économie mondiale. Presque autant des personnes (63 %) estiment que les travailleurs ont trop peu d'influence. Par contre, une majorité de répondants pensent que le 1 % des personnes les plus riches (65 %) et les intérêts des entreprises (57 %) ont trop d'influence.

Tous ces avis convergent et s'accordent pour affirmer que leur système économique national est favorable aux riches ; une opinion exprimée par trois quarts des personnes interrogées (71 %) et par une majorité des répondants de tous les pays du sondage, indiquant que le contrat social est rompu sur tous les continents.

L'enquête montre également des niveaux élevés d'incertitude à propos des revenus de la famille et de la sécurité de l'emploi, ainsi qu'un sentiment de perte de contrôle à l'égard des emplois et des revenus :

- Près de la moitié des personnes (42 %) pensent qu'il est peu probable que la génération future trouve un emploi décent.

- Ces deux dernières années, plus d'un tiers des personnes interrogées (39 %) ont été directement ou indirectement - par l'intermédiaire de membres de leur famille - touchées par le chômage ou une réduction du temps de travail.

- Trois quarts des répondants (76 %) s'accordent sur l'insuffisance du salaire minimum pour vivre.

- Un tiers des personnes interrogées (33 %) ressentent une perte de contrôle par rapport à leur choix d'un travail décent.

- Plus d'une personne sur quatre (28 %) indique avoir moins de contrôle sur le nombre d'heures qu'elle travaille.

« Le désespoir des citoyens se transforme en colère qui alimente à son tour une forte défiance envers la démocratie en tant qu'institution. Interrogée sur son sentiment par rapport à l'attitude de son gouvernement à l'égard de ses besoins et de ceux de sa famille, une personne sur trois se dit en colère ou désespérée. Pour restaurer la confiance, il faut un engagement des gouvernements vis-à-vis de la population qui permette de bâtir l'avenir sur une série bien différente de priorités.

Les changements que nous réclamons en matière d'emploi, d'action climatique et de justice sur tant de fronts sont plus que de simples slogans. Les dirigeants devraient jouir de la confiance nécessaire pour s'engager dans un nouveau contrat social en sachant qu'ils ont le soutien des électeurs », a poursuivi Mme Burrow.

Le sondage d'opinion montre que la population réclame résolument des actions de la part des gouvernements :

- 70 % des personnes interrogées souhaitent qu'ils agissent plus pour augmenter les salaires des travailleurs.

- 73 % pensent que les gouvernements devraient en faire davantage pour veiller à ce que les entreprises paient équitablement leur part d'impôts.

- 74 % des répondants estiment que les autorités devraient créer des emplois en investissant dans les soins pour les personnes âgées, les personnes handicapées et les enfants d'âge préscolaire.

Des réformes sur ces points et d'autres aideraient à restaurer la confiance du public envers les dirigeants puisque la moitié des personnes interrogées (52 %) signalent que des actions menées dans sept domaines - dont les salaires et les conditions de travail, le changement climatique, l'économie des soins, et la paix et la sécurité - les inciteraient à faire davantage confiance à leur gouvernement.

Le changement climatique et l'incidence des nouvelles technologies occupent largement les esprits de la population mondiale. Près de deux tiers des personnes ayant répondu (63 %) pensent que leur gouvernement devrait en faire plus pour promouvoir une transition juste vers un avenir sans carbone et, sur tous les continents, la question émergente de la réglementation des grandes entreprises internationales de technologie et de la protection de leurs travailleurs, souvent vulnérables, préoccupe la population.

« Pendant la pandémie de COVID-19, les grandes entreprises de technologie n'ont fait que renforcer leurs puissance et suprématie. La population plébiscite des actions gouvernementales : plus de deux tiers des personnes veulent que leur gouvernement agisse et augmente les impôts payés par ces entreprises, et autant (66 %) déclarent qu'elles soutiendraient une hausse du nombre de réglementations auxquelles elles sont soumises. Les citoyens et les gouvernements ne doivent pas se laisser berner par le pouvoir des entreprises. Les conséquences pour les droits et la démocratie sont trop graves pour être ignorées », a conclu Sharan Burrow.

La CSI présentera les résultats du Sondage d'opinion mondial 2020 lors d'un webinaire qui se penchera sur l'évolution vers un nouveau contrat social en Autriche, en Argentine et au Nigéria.

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