Rwanda: La famille et Human Rights Watch inquiètes du sort de Paul Rusesabagina

L'organisation de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch, s'inquiète pour la crédibilité de la procédure contre l'opposant rwandais Paul Rusesabagina.

L'ancien dirigeant de l'hôtel des Mille Collines qui avait sauvé plus d'un millier de Hutus et de Tutsis pendant le génocide est accusé de terrorisme, de négation du génocide et d'assassinat pour ses liens avec le MCRD [Mouvement rwandais pour le changement démocratique]et son ancienne branche militaire, le Front de libération nationale (FLN). Paul Rusesabagina avait disparu à Dubaï le 27 août pour réapparaitre dans la capitale Kigali quelques jours plus tard.

L'ONG Human Rights Watch (HRW) parle de disparition forcée. La famille, elle, a enfin pu lui parler. Elle s'inquiète de le voir défendu par des avocats qui ne sont pas ceux qu'elle a choisi. En tout cas, pour sa fille, l'inquiétude demeure sur ses conditions de détention. Paul Rusesabagina ne serait pas lui-même libre de ses mots.

« C'est la première fois qu'on lui parlait depuis le kidnapping, donc on avait énormément de questions : comment il allait, qu'est-ce qu'il s'était passé, qu'est-ce qu'il lui est arrivé, explique sa fille, Carine Kanimba. Et il insistait directement en disant : "Non, je ne veux pas parler du procès, voici ce que j'ai besoin". Ça nous a semblé très étrange parce que papa est quelqu'un qui nous réconforte d'habitude, qui est très gentil, très chaleureux, très ouvert ».

« Une autre chose qui nous a inquiétés, c'est par rapport à ses médicaments, poursuit la fille de Paul Rusesabagina. Mon père a de l'hypertension et il a aussi survécu au cancer il y a quelques années. Il prend des médicaments, certains depuis plusieurs années, les mêmes médicaments. Maman lui a dit qu'elle lui en avait envoyé à travers l'ambassade belge, qu'il n'a pas encore reçu jusqu'à présent, mais en plus, il a dit "non, ne les envoie pas, c'est bon, je prends des médicaments d'ici et on va les essayer pour le prochain mois pour voir si ça marche". On a trouvé cela très étrange, parce qu'il connaît, il prend les mêmes médicaments depuis plusieurs années et tout d'un coup on lui donne l'autre type de médicaments dont on sait que ça peut l'affecter négativement ».

Plus de: RFI

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