Afrique: Lutter contre les infections des travailleurs de la santé au Nigéria

Kaduna — Lorsque Dr Mark Anthony effectue ses tournées hebdomadaires des hôpitaux publics et des structures privées dans l'état de Kaduna, il est rassuré de voir les travailleurs de la santé se protéger, s'occuper des patients en utilisant les bons équipements de protection et appliquer les règles nécessaires en matière d'hygiène des mains. Cela lui donne l'espoir que la bataille contre la COVID-19 sera gagnée dans son pays.

À la fin du mois de mars, Dr Anthony, responsable de la prévention et du contrôle des infections au ministère de la Santé de l'État de Kaduna, avait bénéficié d'une formation soutenue par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur les mesures de prévention et de contrôle des infections, qui a depuis été organisée dans les six zones géopolitiques du Nigéria. Il est ensuite retourné dans sa région natale au nord-ouest du pays, équipé du matériel nécessaire pour transmettre ces connaissances à d'autres.

« La formation nous a exposé à de nombreuses problématiques qui ne nous étaient pas claires auparavant. Cela m'a donné la confiance nécessaire pour pouvoir revenir à Kaduna et aider à inculquer les bonnes attitudes à nos personnels de santé », explique Dr Anthony.

La prévention et le contrôle des infections est un principe clé de la réponse à la COVID-19. À ce jour, le Nigéria a enregistré plus de 52 000 infections, y compris chez 2175 travailleurs de la santé. En avril, un mois seulement après l'apparition de l'épidémie au Nigéria, l'État de Kaduna a enregistré des niveaux d'infection parmi les plus élevés parmi les travailleurs de la santé, avec 30 membres du personnel de santé infectés.

Dr Anthony a contribué à la formation de pas moins de 4000 travailleurs de la santé à Kaduna et dans toute la région du nord-ouest sur la prévention et le contrôle des infections, y compris l'utilisation appropriée des équipements de protection individuelle, l'hygiène respiratoire et l'hygiène des mains. L'État compte aujourd'hui l'un des plus grands nombres de personnels de santé formés, et cela se répercute également sur le personnel non médical.

« Tout le monde a bénéficié de la formation, et nous en voyons vraiment les effets », déclare Dr Isaac Nathaniel, gynécologue à l'hôpital général de Kafanchan à Kaduna. « Dans le nouveau centre d'isolement situé à proximité de mon hôpital, aucun de mes collègues n'a été infecté jusqu'à présent », ajoute-t-il. Comme Dr Anthony, Dr Nathaniel a également contribué à la formation d'autres personnes, notamment des travailleurs chargés d'enterrer les cas positifs à la COVID-19.

Limiter les infections

Afin de continuer à réduire les taux d'infection, le Territoire de la capitale fédérale du Nigéria et les 36 gouvernements des États ont investi dans la formation de leur personnel de santé avec le soutien de l'OMS. Le gouvernement national et les gouvernements des États se sont également efforcés de rendre les équipements de protection individuelle et autres fournitures essentielles plus facilement accessibles aux travailleurs de la santé. Le Nigéria a bénéficié de la campagne 'United Nations Solidarity Flight', qui a permis de distribuer des fournitures médicales essentielles, notamment des équipements de protection individuelle et des ventilateurs.

En avril dernier, l'État de Kano, qui borde Kaduna au nord-est, a été particulièrement touché par les infections à la COVID-19. Un grand nombre des premiers cas détectés dans l'État l'ont été parmi les travailleurs de la santé, ce qui a entraîné le déploiement d'une équipe d'intervention fédérale pour apporter son soutien. L'OMS a également contribué à coordonner la formation du personnel des structures de santé à la prévention et au contrôle des infections.

Parmi les défis identifiés figuraient une connaissance insuffisante de la transmission de la COVID-19, le non-triage des patients et l'utilisation incorrecte des équipements de protection individuelle. Une formation pratique intensive de trois semaines a rapidement été mise en œuvre pour les prestataires de soins de santé dans les structures publiques, privées et de soins de santé primaires de l'État.

« La PCI (prévention et contrôle des infections) est essentielle car elle protège à la fois les travailleurs de la santé et les personnes qui viennent dans les structures », déclare le professeur Bola Olayinka, experte de premier plan de l'OMS en matière de prévention et de contrôle des infections, qui a dirigé l'équipe de formation déployée à Kano et coordonné la formation nationale dans les six zones géopolitiques du Nigéria. « Qu'il s'agisse de la COVID-19, du virus Ebola, de la fièvre de Lassa, de la méningite ou du choléra, nous ne voulons pas que les patients arrivent avec un problème pour repartir avec un autre », ajoute-t-elle.

Depuis février, le professeur Olayinka s'est rendue dans plusieurs États du pays, dont Ogun et Lagos dans le sud-ouest, pour former divers groupes sur la PCI, notamment les équipes d'intervention rapide. Les réglementations relatives à la COVID-19 font qu'elle ne peut former que quelques personnes à la fois. Elle a donc adopté un modèle de formation des formateurs, demandant aux États d'envoyer des professionnels de la santé qui peuvent ensuite enseigner à d'autres. Dans tout le pays, environ 10 000 professionnels de la santé ont été formés par le professeur Olayinka. À leur tour, ils ont formé des dizaines de milliers d'autres personnes.

« Moins de travailleurs de la santé sont infectés par rapport à avant dans les neuf États qui ont suivi la formation intensive jusqu'à présent et nous sommes mieux informés sur ce qu'il faut faire pour éviter l'infection », dit le professeur Olayinka.

Elle prévient toutefois que la situation reste instable. À Kaduna, alors que 30 travailleurs de la santé ont été infectés en avril, ce nombre est passé à 285 depuis, malgré la formation à la prévention et au contrôle de l'infection.

« La PCI n'est pas une chose acquise une fois pour toutes et ce n'est pas seulement une question de COVID-19. Elle doit être intégrée dans le système de santé et faire partie des soins normaux », déclare le professeur Olayinka. « Les gens doivent être sensibilisés, formés, formés de nouveau et recevoir des rappels. »

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