Sénégal: Situation agricole dans le département de Mbour - La tutelle locale exprime son optimisme

Dans le département de Mbour, les premières tendances qui se dégagent dans la présente campagne agricole sont favorables à de 'meilleurs" rendements agricoles, en atteste la situation pluviométrie excédentaires enregistrés en si peu de temps au niveau des six postes pluviométriques de la zone, espère le chef du service départemental de développement rural (SDDR), Serigne Mansour Kane.

"Si la tendance pluviométrique se poursuit, on peut espérer de meilleurs rendements agricoles, sur toutes les spéculations, d'autant plus que, par rapport à l'année dernière, la situation augure des lendemains meilleurs", a notamment affirmé M. Kâne dans un entretien avec des journalistes.

Selon lui, à la date du mercredi 9 septembre dernier, le département de Mbour a enregistré, en 16 jours, un cumul de 545,4 mm de pluies dans la seule capitale de la Petite-Côte contre 397,4 à la même période de l'année dernière, soit un surplus de 175 mm.

Pour la commune de Thiadiaye, en 26 jours, on a enregistré un cumul de 472,8 mm contre 399 mm l'année dernière, soit un excédent pluviométrique de 113,8 mm.

A Fissel-Mbadaane, avec un cumul de 411,1 mm en 22 jours contre 268,3 dans la précédente campagne agricole, soit un excédent de 142,8.

Dans la zone de Ndiaganiao, en dix jours, il est enregistré un cumul pluviométrique de 390,8 mm en 12 jours contre 297,2 mm l'année passée, ce qui fait un excédent de 93,6 mm.

Au niveau de Joal-Fadiouth qui a enregistré la plus grande quantité dans le département de Mbour, avec un cumul de 757,7 mm de pluies en 25 jours de précipitations, contre 390,5 mm en 2019, soit un surplus pluviométrique de 367,2 mm.

Avec un cumul de 496 mm en 27 jours contre 258,5 mm en 2019, la commune de Nguékokh a enregistré un excédent de 237,5 mm.

"Au niveau de ces six postes pluviométriques de la Petite-Côte que nous suivons, tous sont excédentaires par rapport à la même période de l'année dernière.

Si cette tendance se poursuit, on peut s'attendre à de bons rendements agricoles", a estimé le chef du service départemental de développement rural de Mbour qui précise qu'il est "prématuré" de faire des estimations sur les éventuels rendements.

Mais, s'empressant de signaler que le niébé et le mil sont dans un stade de floraison, l'arachide en généforisation, Serigne Mansour Kane explique qu'il est encore "impossible à l'heure actuelle" de donner des informations exactes sur les superficies emblavées au niveau du département de Mbour.

D'après lui, le superviseur des enquêtes agricoles du SDDR de Mbour et son équipe d'enquêteurs sont en train de faire le travail de levée des superficies agricoles sur le terrain où ils vont poser les carrés des rendements qui servir de données à ses services.

Interpellé sur la situation phytosanitaire, Kane a fait savoir que "de l'avis de certains producteurs, les cantharides étaient visibles au niveau des villages Tanguiss, Djilakh et Ndiémane", a-t-il souligné, expliquant avoir, à son tour, saisi le responsable local de protection des végétaux qui promis de faire le nécessaire et le chef de base de Notto qui a promis d'y envoyer des équipes d'intervention et de traitement phytosanitaire.

Les potentialités agricoles mises en exergue

"Le département de Mbour n'est pas seulement une zone de pêche, d'artisanat ou de tourisme puisque regorgeant d'énormes potentialités agricoles.

D'ailleurs, l'année dernière, il a occupé la première place au niveau de la région de Thiès dans la production céréalière", a-t-il fait valoir, non sans relever que ces potentialités ne sont pas encore valorisées.

L'exemple le plus patent, selon lui, c'est la vallée de Fadial, dans la commune de Nguéniène, qui fait plus de 600 ha.

Si on parvient à aménager cette superficie où produit du riz, on peut avoir des rendements de 1000 à 2000 tonnes dans un contexte où les pouvoirs publics ont l'ambition de faire de l'agriculture le "moteur de la croissance économique" et veulent arriver à l'autosuffisance du pays en riz, a soutenu M. Kane.

"Je suis en train de me battre pour que la douzaine de vallées que compte ce département puissent être aménagées pour accroître la production rizicole. Il est très possible que le riz qui est consommé dans le département puisse être produit par des producteurs locaux parce que la potentialité est là", a-t-il encore fait valoir.

Il est d'avis qu'il faudrait recenser les zones, au niveau de chaque département du pays où on peut faire de la riziculture en saison sèche comme pendant la saison des pluies, on peut atteindre l'objectif d'autosuffisance en riz au Sénégal.

"Par exemple, dans le département, il y a plusieurs zones, comme Fadial, où on peut exploiter des variétés comme le +Sahel 108+, mais dans les plaines, il y a d'autres variétés rizicoles, comme le +Mérica 4+ qu'on exploiter avec de très bons rendements.

Parce qu'à Mbour, il y a des sols d'une qualité exceptionnelle et qui sont propices à la culture du riz", a insisté le chef du SDDR de Mbour.

A l'en croire, la sensibilisation faite au niveau des populations notamment paysannes par ses services a permis, en plus de la vallée de Fadial, à des producteurs d'autres localités à s'intéresser à la riziculture.

"Sur les autres variétés culturales également, nous faisons la même chose en matière de sensibilisation.

Pour l'horticulture, par exemple, un travail extraordinaire est en train d'être fait. Ce qui reste à faire, c'est l'évaluation pour pouvoir quantifier les rendements afin de pouvoir disposer de statistiques agricoles fiables", a dit Serigne Mansour Kane.

Le "consommer local", un "moyen efficace" de promouvoir les céréales locales

Pour M. Kane, inciter davantage les populations du Sénégal à "consommer local" est un "moyen efficace" de promouvoir les céréales locales et "contribuer" à développer l'agriculture et l'horticulture sénégalaises.

"Les produits agricoles comme horticoles qui sont cultivés au Sénégal sont de très bonne qualité. A Fadial, par exemple, le +Mérica 4 et le +Sahel 108+ qui y sont cultivés sont d'une qualité gustative très intéressante.

Seulement, c'est l'information et la sensibilisation qui doivent être de mise, avec l'implication des +Badjénou Gokh+ et autres relais communautaires qui sont plus poches des consommateurs", a-t-il plaidé.

Il estime également qu'il faut encourager la transformation des produits locaux issus de l'agriculture et de l'horticulture pour une "meilleure rentabilité économique et sociale" des acteurs agricoles et ainsi "favoriser" l'employabilité des jeunes et des femmes.

"Nous savons tous que le produit naturel est meilleur que celui artificiel, mais pour pousser les populations, les consommateurs sénégalais à utiliser les produits naturels, nous devons leur donner le maximum d'information à travers des séances de sensibilisation", a encore dit Kâne qui invite les sénégalais à utiliser les produits locaux lors des cérémonies familiales, les séminaires et autres festivités.

Retour des coopératives agricoles pour éradiquer les intermédiaires.

Le chef du SDDR de Mbour s'est dit convaincu que, dans un souci de faire de l'agriculture, le moteur de croissance de l'économie sénégalaise et faire bénéficier aux "véritables acteurs agricoles" le fruit de leur sueur, il faut faire revenir les coopératives agricoles.

"Partir des coopératives agricoles permettraient à l'Etat, à travers le ministère de l'Agriculture et de l'Equipement rural de pouvoir faire un ciblage correct des véritables producteurs. Cela va permettre de supprimer les fournisseurs, les intermédiaires, pas totalement", lance-t-il.

D'après Kâne, une coopérative installée dans une localité bien donnée, qui est en mesure d'aller, elle-même, s'approvisionner de l'engrais à l'usine, le prix devient beaucoup moins cher pour ses membres.

En d'autres termes, "si la subvention de l'Etat vient directement dans la coopérative, avec toutes précisions requises, cachets et autres pièces justificatives, avec les indications sur la destination, il n'y a plus d'intermédiaire et les acteurs reçoivent directement cette subvention. Ainsi, il y aura beaucoup plus de lisibilité sur la politique agricole de l'Etat", a-t-il indiqué.

Pour lui, ces coopératives vont ainsi être mises en place et vont être formées sur la production de semences. De ce fait, au lieu que des opérateurs viennent leur fournir des semences, ce sont les membres des coopératives qui vont désormais en produire pour leur propre utilisation.

Plus de: Lejecos.com

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.