Afrique: Année internationale de la pêche et de l'aquaculture artisanale en 2022 - Une opportunité selon le CAOPA

La célébration de l'Année internationale de la pêche et de l'aquaculture artisanale" en 2022, est une opportunité de mettre en œuvre les Directives volontaires visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l'éradication de la pauvreté, a fait valoir la Confédération africaine des organisations professionnelles de pêche artisanale (CAOPA) à travers son président, Gaoussou Guèye.

M. Guèye de rappeler que l'objectif de cette année "Année internationale de la pêche et de l'aquaculture artisanale" est d'attirer l'attention du monde entier sur le rôle que joue la pêche et l'aquaculture artisanale dans la sécurité alimentaire et la nutrition, l'éradication de la pauvreté et l'utilisation durable des ressources naturelles.

"Cela permettra également de sensibiliser sur l'importance de mettre en œuvre ces Directives de la FAO, afin d'assurer un avenir aux communautés de pêche artisanale", a-t-il insisté, ajoutant que cette année sera aussi l'occasion de renforcer le dialogue entre les acteurs et avec les décideurs, au niveau local ou international.

Au niveau du dialogue entre l'Union européenne (UE) et l'Union africaine (UA), cette année internationale prévue en 2022 se tiendra dans le contexte du processus de réforme des politiques de pêche en Afrique, initié par l'UA et soutenu par l'UE, mais aussi de la révision de la "Politique commune de la pêche (PCP) en Europe, y compris de la dimension internationale de cette politique.

Au vu de tous ces éléments, entre autres, la CAOPA plaide pour que l'UE, l'UA et leurs citoyens collaborent dès aujourd'hui, afin de mettre en œuvre, à travers des "plans d'action nationaux transparents, participatifs et sensibles aux enjeux de genre", les Directives volontaires de la FAO sur la pêche artisanale durable, adoptées en 2014.

Elaboré sous la direction du Fonds des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), cette initiative mondiale communément appelées "Directives SSF", est le premier instrument international entièrement dédié au très important, mais jusqu'à présent souvent négligé, à savoir le secteur de la pêche artisanale.

Selon la FAO, ces Directives SSF représentent un "consensus mondial" sur les principes et les directives pour la gouvernance et le développement de la pêche artisanale et ont été élaborées pour la pêche artisanale, en étroite collaboration avec les représentants des petites organisations de pêche.

"Elles (ces Directives) s'adressent à tous les acteurs impliqués dans le secteur et cherchent à orienter et à encourager les gouvernements, les communautés de pêcheurs et les autres parties prenantes à travailler ensemble et à rendre sûre et durable la pêche artisanale, au profit des petits pêcheurs, de l'ensemble des travailleurs du secteur et de leurs communautés ainsi que de la société dans sa globalité", a indiqué l'organisation onusienne basée à Rome, en Italie.

Suite au constat de mauvaise gouvernance dans la pêche, qui affecte la plupart des pays africains, la première Conférence des ministres africains de la pêche et de l'aquaculture, tenue en 2011, à Banjul, en Gambie, a recommandé que les États membres de l'UA examinent la possibilité de réformer leurs politiques de pêche et d'aquaculture. La stratégie de réforme qui a été développée par la suite identifie sept objectifs essentiels pour le développement de la pêche en l'Afrique.

"Il s'agit de l'amélioration de la conservation et l'utilisation durable des ressources halieutiques à travers la mise en place d'une bonne gouvernance. Sur ce sujet de la bonne gouvernance, il faut également noter l'engagement, sous l'impulsion de la Mauritanie à promouvoir plus de transparence dans la pêche en Afrique", a dit Gaoussou Guèye.

Les ministres africains avaient aussi recommandé le développement de la pêche artisanale durable par l'amélioration et le renforcement de la contribution des pêches artisanales à la réduction de la pauvreté, à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et l'amélioration des bénéfices socioéconomiques pour les communautés de pêche.

"La CAOPA estime qu'aujourd'hui, pour atteindre ces objectifs, un engagement actif de l'UA et de ses membres, ainsi que de toutes les parties prenantes, pour mettre en œuvre de façon participative les directives internationales visant à promouvoir une pêche artisanale durable en Afrique, est nécessaire", a ajouté le président de la CAOPA.

C'est pourquoi, d'ailleurs, la CAOPA a proposé à l'UA, depuis plusieurs années maintenant, d'institutionnaliser une "Année africaine de la pêche artisanale", avec l'objectif de promouvoir la mise en œuvre des lignes directrices internationales en faveur de la pêche artisanale durable au niveau panafricain, en collaboration avec toutes les parties prenantes, au premier rang desquelles les organisations africaines représentant les hommes et les femmes qui dépendent de la pêche pour vivre.

Lors de cette conférence ministérielle de Banjul, il aussi été relevé la "reconnaissance grandissante" de l'importance du secteur de la pêche artisanale.

La communauté internationale a montré qu'elle reconnait, de plus en plus, l'importance de la pêche artisanale, notamment dans la Déclaration de la conférence des Nations-Unies sur le développement durable de 2012 (Rio+20), intitulée "L'avenir que nous voulons".

Ce document insiste sur le rôle de la pêche artisanale comme "catalyseur du développement durable dans ce secteur de la pêche".

Cette déclaration des Nations unies insiste sur la "nécessaire protection des droits d'accès de la pêche artisanale aux ressources et aux zones côtières dont elle dépend pour vivre", ont rappelé les responsables de la CAOPA qui explique des dispositions similaires sont également contenues dans les "Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale".

Pour la FAO, "l'application de ces directives permettrait d'affermir les conditions dans lesquelles les pêcheurs accèdent aux ressources de pêche, ce qui renforcerait chez eux le souci de protection et favoriserait une gestion durable de la ressource", ajoutent-ils.

En outre, ces Directives offrent un cadre pour surmonter des obstacles tels que l'analphabétisme, les problèmes de santé, le manque d'accès aux moyens d'existence traditionnels et les privations de libertés civiles et politiques, autant de facteurs qui non seulement freinent le développement, mais aussi alimentent la course au poisson et contribuent pour beaucoup à la surpêche.

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