Afrique: Allocution liminaire du Directeur général de l'OMS lors du ‎point presse sur la Covid-19 ̶ 10 septembre 2020

Bonjour, bon après-midi ou bonsoir,

depuis le début de la pandémie, l'OMS a pour priorité d'accélérer le développement de vaccins, de produits de diagnostic et de traitements contre la COVID-19 et de veiller à ce qu'ils soient accessibles de façon équitable.

Nous avons d'ores et déjà réalisé des progrès remarquables.

En janvier, dans les deux semaines qui ont suivi la notification des premiers cas à l'OMS, nous avons publié le premier protocole pour les tests PCR pour le nouveau coronavirus.

Depuis lors, des millions de tests ont été produits et l'on commence déjà à utiliser des tests rapides.

En février, l'OMS a réuni des centaines de scientifiques et de chercheurs pour établir les priorités en matière de recherche.

Nous avons lancé l'essai clinique Solidarity en mars pour trouver rapidement des réponses concernant l'identification des traitements les plus efficaces.

Un de ces traitements - la dexaméthasone - a déjà apporté la preuve de son efficacité pour les patients atteints d'une forme grave ou critique de la maladie. D'autres se sont révélés inefficaces et d'autres encore sont en phase d'essai.

De plus, quelque 180 vaccins sont cours de développement, dont 35 sont en phase d'essai chez l'homme.

Aucune maladie dans l'histoire n'a vu la recherche évoluer aussi rapidement, ce qui témoigne des formidables progrès réalisés ces dernières années à l'échelle de la planète dans les domaines des sciences et des technologies.

Aujourd'hui, l'ambition de la communauté internationale de concevoir ces outils le plus rapidement possible doit avoir pour corollaire une volonté marquée de veiller à ce que le plus grand nombre y ait accès.

En avril, l'OMS, en collaboration avec la Commission européenne et plusieurs autres partenaires, a lancé le Dispositif pour accélérer l'accès aux outils de lutte contre la COVID-19 (Accélérateur ACT), dans le but de favoriser le développement de vaccins, de produits de diagnostics et de traitements et d'y assurer un accès équitable.

Cependant, l'Accélérateur ACT ne sera pas en mesure d'atteindre ses objectifs sans une nette augmentation des financements.

Les 2,7 milliards de dollars des États-Unis qu'il a reçus jusqu'à présent témoignent d'un élan de générosité et ont permis de démarrer sur une base solide.

Néanmoins, cela ne représente que moins de 10 % des besoins globaux.

Ainsi, le déficit de financement de l'Accélérateur ACT s'élève toujours à 35 milliards de dollars US.

D'autre part, les accords bilatéraux sur les vaccins et le nationalisme vaccinal pourraient menacer l'équité en matière d'accès et freiner la progression de tous les pays vers la fin de la pandémie de COVID-19.

D'ici la fin de l'année, nous avons une occasion limitée de mettre à l'échelle l'Accélérateur ACT et d'établir pleinement le cadre d'allocation équitable.

À l'heure actuelle, l'Accélérateur ACT soutient la recherche sur les vaccins, les traitements et les produits de diagnostic prometteurs.

Il nous faut néanmoins mettre rapidement à l'échelle nos capacités d'essais cliniques, de fabrication, d'homologation et de réglementation, afin que ces produits puissent bénéficier aux personnes et commencent à sauver des vies.

Aujourd'hui, le Conseil de facilitation de l'Accélérateur ACT s'est réuni pour la première fois.

Il assumera un rôle de leadership politique et de plaidoyer, et il cherchera à mobiliser des ressources supplémentaires.

Un événement de haut niveau consacré à l'Accélérateur ACT se tiendra le 30 septembre à l'Assemblée générale des Nations Unies.

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Enfin, nous commémorons aujourd'hui la Journée mondiale de la prévention du suicide.

Toutes les 40 secondes, quelqu'un, quelque part, meurt par suicide.

Chaque mort est une tragédie, pour la famille et les amis qui ont perdu un être aimé et pour des communautés entières.

Le suicide touche des personnes partout dans le monde, quels que soient leur genre, leur âge ou leur situation économique.

Hélas, le suicide est la deuxième cause de décès chez les 15-29 ans.

Il y a beaucoup à faire pour faire baisser les taux de suicide.

Au niveau national, chaque pays doit avoir une stratégie multisectorielle globale de prévention du suicide.

Nous savons ce qui fonctionne :

restreindre l'accès aux moyens de suicide, y compris les pesticides et les armes à feu ;

développer chez les jeunes les compétences de la vie courante qui leur permettent de faire face au stress ;

repérer de façon précoce les personnes à risque de suicide, les prendre en charge et les suivre.

Enfin, vous avez, dans les médias, un rôle à jouer en parlant du suicide avec tact.

À titre individuel, chacun d'entre nous peut faire 3 choses :

sensibiliser les gens au rejet social qui entoure le suicide et la santé mentale ;

si vous pensez qu'une personne parmi vos connaissances nourrit des idées suicidaires, offrez-lui votre aide ;

enfin, si la vie vous paraît tellement difficile que vous ne savez pas comment aller de l'avant, je vous encourage à chercher de l'aide.

La clé pour prévenir le suicide est la même que celle qui mettra fin à la pandémie : la solidarité et l'entraide.

Je vous remercie.

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